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Eurovision 2021 : Covid, Barbara Pravi et public survolté ?

Eurovision 2021 : Covid, Barbara Pravi et public survolté ?

22 mai 2021 | PAR Franck Jacquet

Barbara Pravi défend ce soir la France au grand concours européen de l’Eurovision Song Contest après une année d’interruption. Elle propose en français une voix marquante, se fait fort d’une interprétation qui la classe parmi les meilleures mais semble clouer le pays à nouveau au rôle de la chanson à voix… Le pari paiera-t-il ? Toujours est-il qu’en Europe, on voit là le retour des grands événements avec un public massif, testé et très en dynamique lors des premières demi-finales. De quoi anticiper une formidable ambiance pour samedi soir. Qu’en pense Hervé, administrateur d’un des groupes de fans français de l’Eurovision, « En route » ?

 

FJ – Allons au but, que pensez-vous de Barbara Pravi ?

Hervé – La France en fait n’était pas si bien placée selon les bookmakers lors de la journée de finale depuis plusieurs années. Le vote des Eurofans, communauté influente, a bien placé la France ces derniers jours. On a donc un bon espoir.

Il est vrai que ces dernières années, on a souvent été bien coté en amont des votes, mais au final on ne recueillait pas des résultats à la hauteur de ce qu’on attendait. Donc on sait qu’on a une bonne chanteuse, mais on peut être un peu inquiet de retrouver la même déception et d’être « surestimé » avant la finale. Après, on propose une chanson appréciée des Européens : on nous associe à une sorte de folklore, « le franco-français », la chanson à voix comme Patricia Kaas, Natasha St-Pier ces dernières années qui avaient fait de bons score effectivement. On retrouve cela avec Barbara qui ne s’entoure pas de danseurs avec des chorégraphies prenantes et mal maîtrisées comme on a pu le voir pour certains lors des demi-finales (la Grèce notamment). Cela fait trente ans que nous ne sommes pas dans le top trois, avec Barbara on a tous les atouts.  

 

Quels sont les coups de cœurs et déceptions jusqu’ici ?

De manière générale, on a ajouté une bande-son cette année qui permet plus de chorégraphies mais qui appuie les voix des chanteurs qui parfois se reposent un peu trop dessus. Pour certains, il y a un réel effet play-back… Malte, propose beaucoup (avec la chanson enregistrée) mais réalise peu sur scène : sa chorégraphie était vraiment mauvaise (ndlr : un instant, on danse avec des chaussettes roses – marionnettes dans les mains !). Elle est redescendue dans les classements des bookmakers et a d’ailleurs un mauvais ordre de passage (les gagnants des demi-finales sont souvent situés entre la 11e et la 13e place lors de la finale).

A l’inverse, l’Ukraine inquiète : la chanson a très bien été reçue en live et elle passera juste après la France ce soir. L’Islande, bien que confinée, a confirmé sa cote.  Enfin, le suisse déçoit un peu : il se déplace, ne copie pas la mise en scène de Duncan Laurence (ndlr : gagnant de l’édition 2019), mais il « danse » mal. Sa prestation vocale reste de haut niveau et a un bon ordre de passage.

 

Qu’avez-vous pensé du maintien de ces captations ?

C’est une bonne idée, une sécurité. On voulait un concours Eurovision. L’an dernier d’ailleurs, c’était déjà possible. Malheureusement, testé positif il y a quelques jours, Duncan ne sera pas sur scène ce soir.

  

L’organisation, la mise en scène, la présentation… un mot ?

Sur la présentation française, ces dernières années, on a tendance à regarder le show sans les commentaires. Certains présentateurs n’ont pas été appréciés. Néanmoins, les fans aiment beaucoup Laurence Boccolini. Ils l’ont adorée lors de la sélection, elle est bienveillante, elle est visiblement fan, elle respecte les chanteurs et les temps de parole… Ce n’est pas le cas de tous.

Sur scène, les présentateurs sont trop nombreux. La présentation suédoise était excellente à deux. Un personnage central animant aurait sans doute suffit. Pour revenir sur la bande-son soutenant les chansons, elle peut en fait desservir les chanteurs et cacher ce qu’ils peuvent ou non faire. De ce point de vue, la France, avec un choix dépouillé, va pouvoir faire briller sa voix et non la cacher.

 

J’imagine que beaucoup de fans français auraient voulu se rendre sur place, mais cela n’était pas possible ; le public sur place est-il au rendez-vous au vu des premières demi-finales ?

La volume est si fort qu’on s’interroge sur la réalité de la réaction de la salle. La fausse est vide (occupée par la green room). Il n’y a que 3500 personnes, mais le volume est important. Y a-t-il une bande-son ? Il faut dire que les mesures étaient très drastiques pour pouvoir se rendre sur place. Juridiquement les restrictions auraient sans doute été contestées en France…   

 

Vous, comment allez-vous vivre la soirée ?

Nous passons la soirée avec une partie de mon groupe de fans hors de Paris mais nous avons un membre dans la salle, Victoria, qui est parvenue à intégrer le public grâce à un pack-fan. Elle nous enverra les photos du spectacle.

 

Quels sont vos pronostics au final ?

Pour moi, la Suisse sera bien placée même si sa cote est redescendue légèrement. L’Italie reste une très grande favorite aussi (ndlr : elle présente une chanson à la Linkin park), y compris parce qu’elle est dans un passage un peu « mou ». La France aussi peut se défendre et enfin l’Ukraine. Malte semble dépassée.  

J’aurais aimé voir la chanson croate se hisser en finale, le rythme était entraînant, mais on a toujours une chanson qu’on apprécie qui ne passe pas les demi.

 

Vous avez un non-fan de l’Eurovision, comment le convaincre par un argument clé de regarder ce soir ?

Ce soir, même un non-fan peut apprécier de mettre Marie-Myriam à la retraite car on peut gagner ! En principe, les planètes sont alignées donc on espère que tous les feux seront au vert jusqu’au bout.

 

 

 

Informations sur l’émission : France 2, 21h samedi.

 

Informations sur le groupe « En route » : groupe Facebook « En route – Eurovision » ; https://www.enroute-eurovision.fr/ ; https://www.instagram.com/enroute.eurovision/  

 

Visuel : Barbara Pravi (France), Maneskin (Italie), Dady Freyr (Islande) – © UER / ANDRES PUTTING

 

 

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Franck Jacquet
Diplômé de Sciences Po et de l'ESCP - Enseigne en classes préparatoires publiques et privées et en école de commerce - Chercheur en théorie politique et en histoire, esthétique, notamment sur les nationalismes - Publie dans des revues scientifiques ou grand public (On the Field...), rédactions en ligne (Le nouveau cénacle...) - Se demande ce qu'il y après la Recherche (du temps perdu...)

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