Fictions

« Dieu n’a pas que ça à faire », un retour léger pour Lucia Etxebarria

« Dieu n’a pas que ça à faire », un retour léger pour Lucia Etxebarria

01 mai 2019 | PAR Marine Stisi

En 2011, l’autrice espagnole Lucía Etxebarría défrayait la chronique en annonçant qu’elle arrêtait d’écrire à cause du nombre trop important de piratages de son dernier livre, Le Contenu du silence. En 2015, elle revient pourtant sur le devant de la scène littéraire espagnole en publiant Dios no tiene tiempo libre (Dieu n’a pas que ça à faire), publié depuis le mois dernier chez Héloïse d’Ormesson.

Je me réjouis toujours de retrouver Lucia Etxebarria, sa plume franche, ses personnages féminins toujours piquants, souvent ambigus et brulants. Son dernier livre publié en France, Le Don empoisonné de la folie, avait été écrit intégralement en français par cette autrice qui aime la culture française et ne le cache pas. Elle y confiait sur le ton de la confidence, comme elle ne l’aurait jamais fait en espagnol et en surtout, en Espagne, l’après d’une relation destructrice, s’ouvrant totalement, vidant son sac.

Dans Dieu n’a pas que ça à faire, nous retrouvons la Lucia Etxebarria romancière, celle qui a écrit des romans aussi poignants que Amour, Prozac et autres curiosités ou De l’amour et autres mensonges. Et ici, comme souvent dans ses écrits, il s’agit principalement d’une histoire de femmes.

L’autrice dresse le portrait de deux cousines. Elena, celle qui nous apparaît comme la plus réservée des deux, est atteinte d’une cancer incurable. Elle se sait condamnée mais sa cousine, Alexia, ne l’entend pas de cette oreille et compte bien lui prouver que sa vie n’est pas terminée, qu’il lui reste encore des choses à vivre. En douce, elle contacte alors l’amant de jeunesse d’Elena, David, un acteur raté dont la carrière est en stand-by. Pour faute de mieux, il accepte la proposition saugrenue d’Alexia, quitte Madrid pour Palma, et se rend au chevet d’Elena…

Un triangle étonnant se forme, un triangle fait de non-dits, de réalités dévastatrices, de manipulations saugrenues. Lucia Etxebarria signe un roman à suspens, haletant et à la psychologie fine, mais qui pourtant peine à convaincre totalement, en tombant parfois dans des clichés qu’on ne lui aurait pas prêtés. Néanmoins, elle persiste et signe dans son talent à traiter des amours toxiques, des relations destructrices. 

Lucia Etxebarria, Dieu n’a pas que ça à faire, Editions Héloïse d’Ormesson, 272 pages, 20€.
Traduction : Nicolas Véron

 

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Marine Stisi
30% théâtre, 30% bouquins, 30% girl power et 10% petits chatons mignons qui tombent d'une table sans jamais se faire mal. Je n'aime pas faire la cuisine, mais j'aime bien manger.

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