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Deux livres à lire (et à offrir) pendant les vacances de Noël

Deux livres à lire (et à offrir) pendant les vacances de Noël

21 décembre 2017 | PAR Jérôme Avenas

Quand elle est une nécessité, vacances ou pas, chaque jour est propice à la lecture. Cela dit, les deux livres évoqués ici sont les compagnons idéals de Fêtes réussies. Deux livres, deux histoires passionnantes, mais surtout deux écrivaines qui célèbrent, chacune à leur manière la jubilation d’écrire. Alors on se cale dans le canapé, un plaid sur les pieds et on lit « Le Sans Dieu » de Virginie Caillé-Bastide et « L’Embaumeur » d’Isabelle Duquesnoy.

Virginie Caillé-Bastide, Le Sans Dieu, Éditions Héloïse d’Ormesson, 2017, 336 pages.

Dès les premières pages, embarqués dans une histoire fascinante, on sait que l’on navigue à bord d’un roman d’aventures de la meilleure facture. On suit l’histoire au XVIIIème siècle du breton Arzhur de Kerloguen, un homme qui perd tout, qui voit mourir ses enfants et qui se détourne définitivement de Dieu avant de devenir pirate. À moins qu’une rencontre fasse vaciller les certitudes imposées par la fatalité… Affrontement de l’homme aux éléments, de l’homme à sa condition, de l’homme à son prochain, le livre de Virginie Caillé-Bastide vogue sur une mer de questions métaphysiques avec élégance sans jamais sombrer dans la lourdeur.  « Le Sans Dieu » est aussi un exercice de style, parfaitement mené. L’écrivaine utilise de manière ludique des tournures vieillies et autres archaïsmes. Et l’on sent combien ce n’est en aucun cas une posture, voire un « tic », mais bel et bien la joie de jouer avec une langue qu’elle aime et qui le lui rend bien. Bravo !

Isabelle Duquesnoy, L’embaumeur ou l’odieuse confession de Victor Renard, Éditions de la Martinière, 2017, 528 pages.

Écrit, mijoté, peaufiné pendant dix ans par Isabelle Duquesnoy, par ailleurs restauratrice d’œuvres d’art, « L’embaumeur » est une perle de roman, une beauté née sur le cloaque parisien de la fin du XVIIIème siècle. À l’aube de son exécution, Victor Renard se confesse. Devenu embaumeur pour faire vivre sa famille après la mort de son père, il entretient avec son actrice de mère (La Pâqueline Renard) une relation pour le moins conflictuelle : « La grossesse, m’avait-elle révélé, le plus gros bide de ma carrière ! Une malédiction ! » Il faudra traverser onze journées de déposition-confession pour comprendre ce qui a mené Victor Renard à la guillotine. Un voyage dans le temps, conduit de main de maîtresse, hyper documenté, où l’anecdotique se fait événement, où le désopilant se mêle au répugnant. Il en faut du talent pour styliser à ce point éventrations et autres procédés d’embaumement ! En plus, Isabelle Duquesnoy semble beaucoup s’amuser.

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