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Le ménage de Facebook face aux fausses informations.

Le ménage de Facebook face aux fausses informations.

21 décembre 2017 | PAR Pierre Descamps

147 pages ont été supprimées sur le site internet, essentiellement des pièges à clic mais aussi des pages relevant du contenu raciste (comme la page d’Alain Soral ou la page « Je suis français ») ou le cas de Nord Presse qui est un site parodique. Une décision qui relance les débats sur la liberté d’expression en ligne et surtout sur l’utilisation de Facebook que nous avons tous.

Facebook a changé de dimension au fil des années, il est passé d’un outil social à une plateforme d’information gigantesque. Avec les médias, désormais 2 milliards de personnes sont touchées par les informations. 25 % des Français font confiance aux réseaux sociaux pour s’informer, ce chiffre montre un doute général quant aux informations des réseaux sociaux tandis qu’une majorité (75%) font confiance aux médias traditionnels.

Le gigantesque espace du Web

Avec Internet, quelque chose a changé dans le traitement de l’information. Un immense espace d’information s’est ouvert et il se pose la question de la régulation de ce grand espace.
Peut-on tout dire sur les réseaux sociaux ? Peut-on tout partager sur un espace de liberté infinie ? Non, bien sûr car la liberté des uns s’arrête quand la liberté des autres est entravée. Cela pose la question d’une éducation aux médias et aux réseaux sociaux, il faut apprendre à connaitre les codes et un contexte social avant de les utiliser. Ce qui est compliqué dans les réseaux sociaux, c’est qu’il s’agit d’une grande cour de récréation mais avec beaucoup moins de règles donc cela implique l’attention de chaque internaute pour la réception et la diffusion des informations, ce qui est un cas inédit dans l’histoire mondiale. C’est désormais le réseau qui fait l’information.

Le Web est aussi un énorme espace publicitaire et il faut se poser la question de l’existence de ses pages web qui sont là pour faire de l’argent par le buzz et par la divulgation de fausses informations. C’est devenu un vrai business de diffuser des fake news et certaines boites se sont spécialisés dans ce commerce là. C’est le cas de Fire Rank qui a vu aujourd’hui sa page fermée par Facebook. Avec près de 2 milliards de vidéos vues sur l’année, elle a embauché 30 nouvelles personnes et acheté de nouveaux locaux. L’entreprise a aussi eu recours aux méthodes peu orthodoxes de growth hacking (piratage d’audience, très utilisé par un bon nombre d’entreprises françaises car  » il fallait rester dans la course aux likes ») et de like jacking (obtention de « j’aime  » à l’insu de personnes qui ne savent pas qu’en cliquant sur la page, ils ont aussi aimé la page).

Lutte contre le racisme et le droit à la parodie

Le second cas de figure concerne le racisme sur Internet. Le racisme est puni par la loi mais il est plus difficile de le sanctionner sur Internet où un pseudo cache le profil d’une personne.Il y’a eu néanmoins des avancées sur le plan juridique, Twitter doit désormais respecter le droit et condamner les auteurs de tweets racistes et antisémites.Sur un terrain de jeu différent, comment peut-on combattre ce fléau ? La censure et la sanction sont des règles efficaces pour cesser le flot de paroles mais pour autant comment faire pour que la société change son rapport face à tous les types de racismes, notamment l’islamophobie et l’antisémitisme? C’est une vraie question sociétale qui se pose à nous dans ce début du XXI ème siècle.

Le dernier cas de figure est encore plus trouble, il s’agit de l’aspect parodique des pages qui diffuse des Fake news. Si on interdit Nord Presse, doit-on aussi censurer le Gorafi qui propose le même type de contenu ? Et qu’est ce qui distingue la protection des sources de la censure ? C’est une problématique très discutable car ces sites là détournent l’information mais s’en amusent. Cela crée des polémiques ou des fausses rumeurs si les utilisateurs ne vérifient pas un minimum leurs sources car avec un peu de recherche, on se rend rapidement compte de la supercherie de ces news loufoques.

Nécessité de Transparence 

L’autre interrogation, relevé par le journal le Monde, concerne le manque de transparence de ses décisions, Facebook ne communiquant ni publiquement ni de façon privée les raisons de leurs suppressions aux pages en question. Il y’a un règlement intérieur et les pages en question ne l’ont pas respecté mais il y’a un manque de communication sur ces décisions.

L’éducation comme atout face aux Fake News

L’Etat est aussi responsable de la gestion et réglementation d’Internet, c’est une bonne chose car cela évite les contenus indésirables ou les pages inintéressantes ( comme les nombreux pièges à clics de Facebook) mais comme Facebook, il faut une transparence totale sur les raisons qui amène à cela. Et dans le cas des Fake News, le premier responsable est le citoyen qui doit apprendre à varier ses sources et à se faire sa propre opinion sur les sujets. Cela passe par l’éducation et à apprendre à s’informer tout simplement en prenant le temps d’enrichir ses connaissances et non pas de gober les news sur Facebook ou sur Google actus ou sur des sites conspirationnistes. Apprendre à débattre et à se faire sa propre opinion sur les choses en apprenant aussi à écouter les nombreux avis contraires à soi et à argumenter surtout. Tout cela passe par l’éducation et à apprendre à se servir de ce merveilleux (mais aussi dangereux) outil qu’est Internet.

Credit image geralt

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Pierre Descamps

Une réflexion sur « Le ménage de Facebook face aux fausses informations. »

Commentaire(s)

  • Bonjour merci pour cet article et votre excellent site en général

    décembre 22, 2017 at 10 h 01 min

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