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Une généalogie libertine

04 juillet 2009 | PAR Yaël Hirsch

Quelques recherches sur la généalogie de sa famille permettent à Gérard de Cortanze de mieux connaître la plus sulfureuse  de ses ancêtres, Marie Galante, qui apparaissait déjà dans le roman « Assam » (Prix Renaudot 2002). La 16 e enfant du roi de Sardaigne hante-t-elle encore le château familial pour expier son comportement libertin ?

Dans les archives de la bibliothèque de Turin, un homme se documente sur le passé de ses ancêtres, les Roero di Cortanze. Dans la somme des documents préparés par une jeune femme brune et appétissante se trouve une lettre érotique du XVIII e siècle. Plus Vénus que Minerve, la documentaliste raconte la légende de Marie Galante à l’homme en quête de ses racines;  elle l’encourage aussi à aller rencontrer le fantôme de celle-ci. Il hante  la chambre où elle a été trouvée entrain de s’ébattre avec un prêtre par son père. L’homme se décide donc à se rendre au château familial, vendu et transformé en hôtel de luxe. Tout y est étrange et troublant, du directeur aux fantômes, en passant par le nouveau propriétaire des lieux.

Situant son texte fantasmatique entre le rêve et l’éveil, Gérard de Cortanze télescope la technologie moderne et une écriture érotique XVIIII e parfaitement reconstituée. Se situant résolument dans le sillage de libertins français comme Crébillon ou Vivant Denon, mais batifolant en Italie,  il tente de redoubler le trouble d’une éducation sentimentale pré-révolutionnaire par une trop grande concordance des siècles. L’intrigue est bien menée, le suspense caressé comme une jolie femme, mais il est difficile de ressusciter les mots avec lesquels on se donnait du plaisir, il y a près de trois cents ans.
Plus agréable que vraiment excitant, « La belle endormie » est néanmoins un petit livre bien agréable à déguster sous le soleil de l’été en pensant à la lumière du nord de l’Italie.

Gérard de Cortanze, « La Belle endormie », Le serpent à plumes, 124 p., 14 euros

« L’image de la bibliothécaire se superposait à celles décrites dans ces pages. Quand je lisais qu’une femme était étendue sur un lit de repos, ‘dans l’attitude la plus voluptueuse, la gorge nue, une jambe levée, l’autre pendant à terre, les cuisses les plus blanches écartées et, par la posture où elle se trouvait, absolument découvertes’ c’était elle que je voyais en réalité » p. 22

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

One thought on “Une généalogie libertine”

Commentaire(s)

  • L’activité de généalogie recèle toujours des surprises et des histoires croustillantes

    juillet 6, 2009 at 18 h 23 min

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