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Tuer le père, d’Amélie Nothomb

01 août 2011 | PAR Laurene Saby

Amélie Nothomb, l’énigmatique romancière belge, nous revient avec son vingtième roman, cette fois-ci sous le signe de la magie. « Tuer le père » est le titre de cette nouvelle création pour la rentrée littéraire. Fidèle à son style, Nothomb nous entraîne à travers l’histoire d’un jeune garçon solitaire vivant au cœur du Nevada, parti sur les traces des magiciens de Las Vegas. Sortie en librairie le 18 août.

Joe est un jeune garçon paumé qui, pour combattre l’ennui d’une vie morose, emplie d’un quotidien déprimant avec une mère indigne, fait de la magie seul dans sa chambre. Plutôt doué, le gamin par la force des choses se voit contraint de quitter la maison familiale pour vivre seul à l’hôtel. Lors d’un de ses tours,  il se fait repérer par une sorte de dénicheur de talents qui lui propose de devenir l’élève du plus grand magicien de la région, habitant par chance dans la même ville. C’est ainsi que l’apprentissage de la magie mais aussi de la vie va se faire pour le jeune prodige, accueilli tel un fils par le célèbre magicien, en mal de descendance. L’histoire se poursuit avec le parcours de Joe, de la maison de son maitre Norman, à la découverte du LSD durant un séjour à Burning Man ; de son premier grand amour à son arrivée dans les casinos de Las Vegas en tant que croupier. Tout ca avec pour toile de fond les relations père-fils, maître-élève, et surtout avec pour thématique centrale le complexe d’Œdipe. La magie se pose ici à la fois comme héritage, ou comme fardeau mais surtout comme don.

« Les enfants que ne reconnait pas leur père en souffrent. Mais il existe une souffrance plus grande : celle d’un père que son enfant ne reconnaît pas. »(p.150)

Malheureusement, malgré l’originalité de l’histoire, la magie n’opère pas vraiment. Le lecteur ne ressent aucune empathie pour les personnages qui s’avèrent tous être des individus creux dont on a l’impression qu’un seul trait de caractère les définit. Même le jeune Joe nous laisse indifférent, comme un magicien dont on n’aurait pas compris l’intérêt du tour de magie. Le dernier tour de passe-passe qui clôt l’histoire laisse perplexe. Seul le style d’Amélie Nothomb permet au livre de se laisser lire. Un roman de plage ou de gare, qui comme l’été est éphémère et ne restera pas dans les annales. Vous passerez un bon et court moment de lecture, mais ce récit ne vous laissera pas un souvenir mémorable. Un tour de magie pas vraiment convaincant finalement.

Amélie Nothomb, « Tuer le père », Albin Michel, 150p., 16 euros, sorti en librairie le 18 août 2011.

©visuel : antechrista.info

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Laurene Saby

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