Polars

« Plus jamais seul » de Caryl Férey : le retour de l’inspecteur Mc Cash

« Plus jamais seul » de Caryl Férey : le retour de l’inspecteur Mc Cash

18 juin 2018 | PAR Julien Coquet

Déjà présent dans La Jambe gauche de Joe Stummer paru il y a une dizaine d’années, l’inspecteur désabusé Mc Cash fait son retour pour une sombre affaire d’émigration clandestine et de trafic d’êtres humains.

Mc Cash retrouve sa fille qu’il n’a pas vu depuis longtemps ou plutôt dont il découvre l’existence. Le flic à l’humour grinçant et à la vision du monde désabusée apprend tardivement qu’il est papa et qu’il va devoir apprivoiser sa fille. Les relations qui le lient à celle-ci se rapprochent du traditionnel schéma attraction/répulsion. Le flic borgne est plongé dans une histoire qui le touche personnellement et qui le tire de sa torpeur : son ami Marc a disparu en mer lors d’un naufrage. Tempête ou accident provoqué par un paquebot plus gros qui aurait continué à tracer sa route ? Ses découvertes lui apprennent que son ex-femme, Angélique, se trouvait aussi à bord du voilier qui a péri au large de l’Espagne… Sa fille d’un côté, une enquête qui le conduira jusqu’en Grèce sur des passeurs clandestins de l’autre, le flic au bandeau noir ne lâche pas l’affaire.

On le sait depuis Zulu : Caryl Férey est un écrivain de polars politiques, qui tape là où ça fait mal et où le lecteur ne préférerait pas regarder. Entre émigration clandestine, trafic d’êtres humains et exploiteurs et profiteurs de cette terrible situation, l’auteur utilise son sens de l’humour habituel et ses expressions particulières (« Il fit une moue qui ne voulait rien dire ») pour dresser un sombre portrait de l’Europe. On est assez bien surpris au début du roman pour malheureusement déchanter : les personnages, assez caricaturaux, ne cachent pas une intrigue faible qui survole un véritable problème.

« Un crachin brumeux s’était emparé de Douarnenez et ne semblait plus vouloir le lâcher. Des prospectus gorgés d’eau traînaient sur le trottoir, devant la porte. Zoé les repoussa du pied, ouvrit la permanence de l’association, laissa le chien entrer le premier. Elle avait déposé Lila au centre aéré – la copine qui les hébergeait n’avait pas à supporter la garde de sa fille. C’était la première fois qu’elle ouvrait le bureau depuis la disparition, tout lui semblait vain mais Zoé n’avait pas le choix. Il lui faudrait élever leur fille, faire le deuil de deux des êtres qu’elle aimait le plus au monde, trouver une nouvelle maison de préférence sans fantômes pour lui rappeler leur folie. »

Plus jamais seul, Caryl Férey, Gallimard, Série noire, 328 pages, 19 euros

Visuel : Couverture du livre

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