Polars
« L’Enfer de Church Street » de Jake Hinkson, quand le péché engendre le péché…

« L’Enfer de Church Street » de Jake Hinkson, quand le péché engendre le péché…

11 avril 2015 | PAR Le Barbu

« Un écrivain qui a survécu à son enfance dispose d’assez d’informations sur la vie pour tenir jusqu’à la fin de ses jours ». C’est par cette citation de Flannery O’Connor que Jake Hinkson commence sa biographie sur le site des éditions Gallmeister qui nous offre une perle de roman dans la collection NeoNoir: L’Enfer de Church Street (Hell on Church Street). Auteur américain de polars élevé par des fondamentalistes chrétiens dans les montagnes de l’Arkansas, il traverse une crise religieuse qui le pousse dans les bras de la fille d’un pasteur pentecôtiste. Quelques années plus tard, lessivé par les services charismatiques, il abandonne complètement l’Église et reprend ses études pour finalement intégrer un master de création littéraire. Il passe la grande partie des dix dernières années à enseigner, à l’Université du Maryland, à Trinity Washington University, et à Monmouth University dans le New Jersey.

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Alors qu’il est victime d’un braquage sur un parking, Geoffrey Webb propose à l’agresseur de lui donner tout ce qu’il veut à condition qu’ils partagent ensemble cinq heures en voiture jusqu’à Little Rock dans l’Arkansas. Webb a quelque chose à dire et a besoin de se confesser, même avec un forcené. « Je vais vous dire pourquoi je vais aller en enfer. Vous vous rangerez rapidement à l’idée que je le mérite »

L’Enfer de Church Street est un magnifique roman, complètement décalé, peuplé d’une humanité désabusée, mêlant réalité crue et humour noir. Ce road movie anxiogène nous plonge dans une ambiance redoutable portée par un rythme fluide et haletant. C’est un roman psychotique, sanglant, dépravé, obscène, et transgressif où Dieu est vidé de son contenu. Le spirituel a disparu pour laisser la place au fric, à la manipulation, et à la cruauté. Un livre addictif, un véritable OVNI à lire de toute urgence !!!

« Cela me frappa de plein fouet, comme une inspiration divine. La religion est le boulot le plus génial jamais inventé, parce que personne ne perd jamais d’argent en prétendant parler à l’homme invisible installé là-haut. Les gens croient déjà en lui. Ils acceptent déjà le fait qu’ils lui doivent de l’argent, et ils pensent même qu’ils brûleront en enfer s’ils ne le paient pas. Celui qui n’arrive par à faire de l’argent dans le business de la religion n’a vraiment rien compris. »

« L’Enfer de Church Street » de Jake Hinkson, traduction de Sophie Aslanides, 240 pages, 15 euros, collection NEONOIR, mars 2015, éditions GALLMEISTER.

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Le Barbu
Le Barbu voit le jour à Avignon. Après une formation d'historien-épigraphiste il devient professeur d'histoire-géogaphie. Parallèlement il professionnalise sa passion pour la musique. Il est dj-producteur-organisateur et résident permanent du Batofar et de l'Alimentation Générale. Issu de la culture "Block Party Afro Américaine", Le Barbu, sous le pseudo de Mosca Verde, a retourné les dancefloors de nombreuses salles parisiennes, ainsi qu'en France et en Europe. Il est un des spécialistes français du Moombahton et de Globalbass. Actuellement il travaille sur un projet rock-folk avec sa compagne, et poursuit quelques travaux d'écriture. Il a rejoint la rédaction de TLC à l'automne 2012 en tant que chroniqueur musique-société-littérature.

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