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Mort d’Ernesto Sabato, la littérature et l’Argentine en deuil

Mort d’Ernesto Sabato, la littérature et l’Argentine en deuil

02 mai 2011 | PAR Laurene Saby

Ernesto Sabato, écrivain et essayiste argentin, s’est éteint samedi à l’âge de 99 ans. Un des derniers géants de la littérature sud-américaine, qui laisse orphelin une nation tout entière et de fervents lecteurs à travers le monde.

Sabato est un nom qui résonne aux quatre coins de l’Argentine, depuis l’annonce de la disparition du romancier, samedi 30 avril. Et pour cause : Ce fils d’immigrés italiens, physicien de formation  et peintre à ses heures perdues,  était une légende vivante de la littérature argentine. Né en 1911 près de Buenos Aires, communiste dans sa jeunesse, il devint par la suite anarchiste lors d’un séjour de deux années à Paris, où il travaillait en tant que physicien. C’est lors de ses soirées parisiennes qu’il découvre le surréalisme, source d’inspiration pour son œuvre . De ses nombreux essais et romans, ce sont « Le Tunnel » (1948),  « Héros et tombe » (initialement intitulé « Alejandra » dans la traduction française) (1961) et « L’ange des ténèbres » (1974)  qui lui valent un succès mondial. Les trois romans forment une trilogie amoureuse, empreinte de passions destructrices et de voyages entêtants.

Unanimement salué par la critique, le romancier est fait Chevalier de la Légion d’honneur en France, après avoir reçu trois ans plus tôt le prix du meilleur roman étranger pour  son « ange des ténèbres. » En 1984, Sabato reçoit le prix Cervantès, la plus haute distinction de littérature espagnole. Au-delà de ses talents d’écrivain, Il incarnait avec grandeur et civisme la conscience de l’Argentine. Condamnant la dictature militaire qui sévissait en Argentine de 1976 à 1983, il présida la Commission nationale sur les disparitions de personnes.

Ernesto Sabato faisait de l’écriture un exutoire philosophique, nous permettant de voyager à travers ses écrits pour mieux se comprendre soi-même :« On s’embarque pour des terres lointaines, on cherche la nature, on est avide de la connaissance des hommes, on invente des êtres de fiction, on cherche Dieu. Et puis on comprend que le fantôme que l’on poursuit n’est autre que Soi-même » analysait l’écrivain. Une leçon de vie et d’humilité que donnait  Sabato Dans « Le Tunnel ». Selon lui, « vivre consiste à se faire de futurs souvenirs. » A méditer sans modération.

(c) visuel: samgha.wordpress.com

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Laurene Saby

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