Mangas
Poison City Tome 1 : Un mal insidieux

Poison City Tome 1 : Un mal insidieux

14 mars 2015 | PAR Sandra Bernard

Tetsuya Tsutsui, est un auteur bien connu du catalogue Ki-­oon (Prophecy, etc.) avec des titres empreints d’une forte actualité sociétale. Avec Poison City, sa nouvelle série en deux tomes développée en partenariat avec Ki-­oon, Tetsuya Tsutsui aborde le thème de la création des mangas et de la liberté d’expression.

[rating=5]

A Tokyo, en 2019, le gouvernement japonais a voté de nombreuses lois dans la perspective des jeux olympiques de 2020. A moins d’un an de l’ouverture des Jeux, une de ces lois déclenche une vague de puritanisme exacerbé. Littérature, cinéma, jeu vidéo, bande dessinée : aucun mode d’expression n’est épargné par les mouvements autoproclamés de vigilance citoyenne. C’est dans ce contexte tendu que Mikio Hibino, jeune auteur de 32 ans, se lance un peu naïvement dans la publication d’un manga d’horreur ultra­réaliste, Dark Walker. Une démarche aux conséquences funestes qui va précipiter l’auteur et son éditeur dans l’œil du cyclone…

Comme toujours dans les œuvres de Tetsuya Tsutsui, la société japonaise contemporaine est passée à la loupe sous un jour pas toujours très flatteur. La bêtise humaine côtoie l’univers retors de la politique bien pensante et l’aveuglement des médias. Sous couvert de moraliser le pays et d’offrir le meilleur visage possible au reste du monde, certains règlent leurs comptes personnels, d’autres jouissent de leurs nouveaux pouvoirs. Les premières victimes sont les artistes qui subissent de fortes pressions dans leur processus créatif et qui encourent à tout moment une censure fatale non seulement à leur oeuvre mais possiblement à leur carrière.

La narration met en parallèle l’histoire principale et la fiction Dark Walker dont des pages sont intercalées dans le récit principal, jouant sur les codes graphiques des bordures et des storybords. Les “infectés” de Dark Walker symbolisent, de manière à peine voilée, l’aliénation des masses par des idées nocives. Poison City est un livre violent dans le bon sens du terme car il pousse le lecteur à réfléchir sur la liberté d’expression et sa propre conscience citoyenne. Cette violence est d’autant plus perceptible que l’auteur insuffle sa propre expérience professionnelle.

La première de couverture illustre bien ce propos avec le reflet d’une autodafé sur la visière du masque du personnage. Autodafé renvoyant aux heures les plus sombres et les plus totalitaristes de notre histoire. Pour profiter de l’oeuvre en grand format, une version de Poison City sort dans la collection Latitudes.


“Poison City” : un trailer sous tension ! par Ki-oon

Informations pratiques :

Tetsuya TSUTSUI, Poison City vol. 1, édition Ki-oon, Parution : 12­/03/­2015, Format : 13 x 18 cm, Nombre de pages : 242, Prix de vente : 7,90 €, Tomes parus en VO : 2 (série terminée)

Visuels :© Tetsuya Tsutsui / Ki-oon

[Sortie Dvd] « Gone Girl », de David Fincher
Sourire au printemps
Sandra Bernard
A étudié à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense l'Histoire et l'Histoire de l'Art. Après deux licences dans ces deux disciplines et un master recherche d'histoire médiévale spécialité histoire de l'Art dont le sujet s'intitulait "La représentation du costume dans la peinture française ayant pour sujet le haut Moyen Âge" Sandra a intégré un master professionnel d'histoire de l'Art : Médiation culturelle, Patrimoine et Numérique et terminé un mémoire sur "Les politiques culturelles communales actuelles en Île-de-France pour la mise en valeur du patrimoine bâti historique : le cas des communes de Sucy-en-Brie et de Saint-Denis". Ses centres d'intérêts sont multiples : culture asiatique (sous presque toutes ses formes), Histoire, Histoire de l'Art, l'art en général, les nouveaux médias, l'art des jardins et aussi la mode et la beauté. Contact : sandra[at]toutelaculture.com

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *