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Le maître de café de Olivier Bleys: un conte à l’italienne à déguster prompto !

Le maître de café de Olivier Bleys: un conte à l’italienne à déguster prompto !

14 janvier 2013 | PAR Alice Dubois

Olivier Bleys, écrivain français prolifique, n’en est pas à son premier coup d’essai. Depuis l’âge de 22 ans et la parution de son premier roman « L’île », il ne cesse de recevoir distinctions et prix littéraires. Il est l’auteur de romans, de BD et aussi de récits de voyage qu’il publie régulièrement avec la complicité du photographe Christophe Bourgeois. C’est chez Albin Michel que vient de paraître son dernier roman, « Le maître de Café ». Navigant toujours entre son amour des voyages et de l’Histoire, Olivier Bleys signe ici un roman épique et truculent, que nous avons dégusté avec beaucoup de plaisir.

 

Nous sommes à Rome, le 5 juillet 1954. Il est 11h du matin. Massimo Pietrangeli, grand maître torréfacteur au service de Monsieur le Président, n’est pas là où il devrait être: dans son jardin, comme toujours, en train de siroter solennellement une tasse de café dont lui seul a le secret. La nouvelle se répand comme une trainée de poudre à travers la ville. Mais où est passé le maître de café? Terrassé en pleine rue par un infarctus, Massimo Pietrangeli est retrouvé inconscient. Sentant la fin approcher, affaibli mais encore lucide, le cœur fatigué mais l’œil vif, le vieux chevalier décide de réunir les siens pour écrire le dernier chapitre de son existence.

Entouré de ses deux filles, de ses fils, d’un gendre trop ambitieux et de sa vieille sœur rabougrie, Massimo fait un ultime caprice : partir sur les routes illico presto avec toute sa famille pour aller chercher les grains si précieux de son café personnel, celui qu’il garde farouchement dans une vieille cassette et dont personne ne connait l’origine. Mais où Massimo les emmène-t-il ?

« Telle l’amoureuse dont la présence affadit le reste de l’humanité, le nectar du maître semblait ravaler tous les autres cafés à l’état de suées immondes, de vils écoulements noirs, indignes d’abreuver un être humain. »

 

Poussés par une tendre compassion ou par une ardente avidité, les membres de la famille Pietrangeli improvisent alors un véritable convoi spécial pour contenter les dernières volontés du vieux Massimo. Composée de la Cadillac flambant neuf de son beau-fils et des voitures de la famille aménagées pour l’occasion, trainant derrière elle la fameuse Storta, machine inventée et fabriquée par Massimo lui-même et qui distille le meilleur café qui soit, la caravane se lance dans un périple improbable. Traversant l’Italie, la France et passant au delà des océans, la famille Pietrangeli va se redécouvrir au fil des routes et lever le voile sur la vie d’un homme au crépuscule de ses jours.

 

Défilant comme un véritable road trip, cette comédie à l’italienne est drôlement jubilatoire. Olivier Bleys réussit brillamment à nous embarquer dans l’univers du vieux Massimo Pietrangeli où le café est au cœur de toutes les passions. Car c’est bien de cela qu’il s’agit: d’amour passionné. Les personnages, esquissés avec élégance, ne se figent jamais dans la caricature facile. L’auteur s’amuse beaucoup, c’est certain. Avec une écriture truculente et judicieusement travaillée, Olivier Bleys dépeint avec justesse tout ce que la nature humaine a de plus émouvant.

Il est vrai cependant que le café que nous avalons chaque matin nous parait bien fade depuis notre rencontre avec Massimo… Mais peu importe, car cette invitation au rêve et au voyage est une très belle réussite littéraire dont les arômes ne s’évaporeront pas de sitôt.

 

Le Maître de café de Olivier Bleys. Editions Albin Michel. Janvier 2013. 347p. Prix: 20€.


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Alice Dubois
Alice a suivi une formation d’historienne et obtenu sa maitrise d'histoire contemporaine à l'université d'Avignon. Parallèlement, elle est élève-comédienne au Conservatoire régional d'art dramatique de la ville. Elle renonce à son DESS de Management interculturel et médiation religieuse à l'IEP d'Aix en Provence et monte à Paris en 2004 pour fonder sa propre compagnie. Intermittente du spectacle, elle navigue entre ses activités de comédienne, ses travaux d'écriture personnels et ses chroniques culturelles pour différents webmagazines. Actuellement, elle travaille sur un projet rock-folk avec son compagnon. Elle rejoint la rédaction de TLC en septembre 2012. Elle écrit pour plusieurs rubriques mais essentiellement sur la Littérature.

One thought on “Le maître de café de Olivier Bleys: un conte à l’italienne à déguster prompto !”

Commentaire(s)

  • marechal

    « j’ai senti ta main couler au creux de ma poitrine. Elle était douce et déjà familière, pleine de l’abandon qu’enseigne une nuit d’amour. J’ai tiré le drap pour mieux accueillir ce présent délicieux. « Savoure », ai-je pensé et à tes doigts ouverts, j’ai mêlé les miens, plus riche en cet instant que le roi du monde, heureux à toucher le soleil »
    « Il m’est pénible d’admettre que notre amour soit devenu un souvenir, qu’il loge dans ma cervelle comme un itinéraire d’omnibus ou ma pointure de souliers. Peut on faire un écrin aux joyaux de notre mémoire » ..
    voici deux extraits de ce passionnant et délicieux Roman que j’ai lu avec avidité et … plusieurs tasses de Café ..

    janvier 25, 2013 at 21 h 59 min

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