Jeunesse
Plus haut que les oiseaux d’Eric Pessan

Plus haut que les oiseaux d’Eric Pessan

22 mars 2012 | PAR Sandrine et Igor Weislinger

Le jardin secret, la cabane au fond des bois de Thomas et de ses deux meilleurs amis c’est la terrasse, le toit du HLM le plus haut de leur cité. Un jour, qui aurait pu être comme les autres, ils s’y rendent, y jouent à un petit jeu qu’ils pensent inconséquent mais dont le résultat va changer leurs vies à tout jamais.

Avec des phrases courtes dans lesquelles son personnage se lapide lui-même en quelque sorte, Eric Pessan (photo ci dessous) plante une situation, celle d’un adolescent, qui pourrait être lui étant jeune ou pas, dans laquelle nous arrivons aisément à nous projeter car la culpabilité est un sentiment qui nous frappe tous un jour ou l’autre. Journaliste, poète, auteur de fictions radiophoniques, de pièces de théâtre, Eric Pessan fait ici son entrée dans la littérature adolescente avec un livre coup de poing, qui reste en tête longtemps après avoir été lu.

 

 

Au vu du sujet, nous aurions pu craindre le récit ennuyeux d’un fait divers banal mais ce livre est tout le contraire, nous rentrons dans l’esprit d’un adolescent qui nous parle de sa vie au quotidien, et de comment le drame y a fait irruption. Le personnage principal n’est pas un délinquant, il est au contraire un jeune studieux qui lit avec passion Crime et Châtiment de Dostoïevski, ce qu’il en dit va même certainement donner envie à beaucoup d’adolescents de découvrir ce chef d’œuvre. Ce garçon fait même la cuisine et accorde de l’importance à sa vie de famille, il est tout le contraire des clichés négatifs parfois véhiculés sur les jeunes qui vivent dans les cités et, pourtant, il commet un acte plus grave qu’un vol à l’étalage commis par un voyou, il cherche à bien faire, à bien vivre, et, malgré tout,  le pire se produit. Deux minutes durant lesquelles ses amis et lui n’ont pas réfléchi à ce qu’ils faisaient.

Ce livre permettra aux lecteurs de mieux comprendre une remarque que font la plupart des parents: « Il faut toujours bien réfléchir avant d’agir ». Autrement dit, la vie, c’est sérieux, même si avant vingt ans, on a surtout envie que ce soit une bonne partie de rigolade. Lorsque Thomas prend conscience de ce qu’ils ont fait, dès lors qu’il cherche le moyen dans sa tête de réparer l’irréparable, il grandit, il mûrit, il passe avec brutalité à l’âge adulte, il arrête de charrier sa petite sœur, il est davantage à l’écoute des autres, du monde. Il a pris conscience qu’il n’est pas le roi de l’univers comme il pouvait avoir l’illusion de le croire du sommet de son toit le plus haut de la cité. Il n’est qu’une petite fourmi qui, pourtant, d’un seul geste, peut changer le monde. Au delà de la réflexion sur la culpabilité se trouve celle: qu’est ce que c’est qu’être un homme? Quelle est sa responsabilité? Son honneur?

Une histoire forte qui nous prend et ne nous lâche pas jusqu’à ce que nous ayons accompagné Thomas au bout de son voyage. Un livre qui vole haut en terme de qualité de littérature.

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Sandrine et Igor Weislinger

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