Jeunesse

La colline aux coquelicots Tetsuro Sayama/Chizuru Takahashi

La colline aux coquelicots Tetsuro Sayama/Chizuru Takahashi

25 février 2012 | PAR Sandrine et Igor Weislinger

Une jeune fille de seize ans, Umi, prend soin de la maison familiale et de ses locataires. Son père est un marin qui a disparu en mer et sa mère, photographe, est souvent en voyage pour son travail. Il incombe à Umi de s’occuper de sa famille et de la bonne marche de la maison tout en allant au lycée. La jeune fille pense être éprise d’un de leurs locataires jusqu’au moment où ses rapports avec un lycéen vont faire basculer ses sentiments et changer sa vie.

Tetsuro Sayama, le scénariste de ce manga, est éditeur de mangas et de romans mais aussi écrivain, journaliste et poète. Ce manga semble s’inspirer de ses années de jeunesse alors qu’il participait au mouvement poétique « inritsu » (poésie allitérative qui joue sur les sons, les rimes et les rythmes). Chizuru Takahashi est la dessinatrice de cette aventure. Elle est spécialisée dans les dessins pour enfants et le thème de la famille. Son coup de crayon a rencontré beaucoup de succès en particulier avec les séries Mama ha moto-sôcho (Maman était chef de gang) et Good Morning Meg.

Lire ce manga après avoir vu le film est une très grosse surprise. Il n’y a en effet pas grand chose à voir entre les deux. Si l’intrigue est plus ou moins la même: une histoire d’amour entre deux lycéens qu’une possible relation fraternelle rend interdite, le reste n’a rien à voir. Les personnages tout d’abord: Umi est ici une jeune fille au caractère solide qui n’hésite pas à faire entendre sa voix et dire haut et fort ce qu’elle pense. Il faut dire qu’elle a de qui tenir avec sa facétieuse grand-mère, personnage beaucoup plus présent dans le manga que dans le film et particulièrement réjouissant avec ses petits péchés mignons et ses stratégies pour plier son entourage à ses quatre mille volontés. Le héros masculin, Kazama, est bien plus noir dans le manga que dans le film de même que son meilleur ami, ils sont insouciants, facétieux et même un peu vicieux, c’est l’amour de Kazama pour Umi qui va l’amener à s’améliorer, à se purifier. L’aspect des héros du au crayon de Chizuru Takahashi est davantage celui de deux adolescents européens que de deux japonais. Le manga pourrait se passer dans n’importe quel pays à n’importe quelle époque pratiquement tant les caractéristiques qui font que cela se passe au Japon sont discrètes: on peut le deviner aux uniformes scolaires et à la nourriture ainsi qu’à la présence de geishas seulement. Il n’y a pas dans le manga le contexte historique d’après-guerre qui intensifie la densité dramatique du film.

Le fait que nous soyons dans un manga pour filles est évident. Il y a beaucoup plus de légèreté et de frivolité que dans le film surtout à cause des personnages, de la mère qui est une vraie écervelée, de la sœur qui ne pense qu’à son apparence physique et de la grand-mère, femme virtuose pour mener tout le monde par le bout du nez, à commencer par sa propre famille. Par conséquent, nous rions et sourions beaucoup. Les personnages sont touchants et leurs faiblesses les rendent proches de nous et sympathiques. Umi est superbe, très bien dessinée et esquissée psychologiquement, nous pouvons qualifier ce manga presque de roman d’apprentissage car l’héroïne y passe de l’adolescence à l’âge adulte, comme dans le film, quoique de toute autre manière. Un beau manga aux superbes dessins que toutes les filles, jeunes filles et femmes dévoreront vitesse grand V qu’elles aient vu ou non le film.

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Sandrine et Igor Weislinger

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