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Hôtel Argentina, un voyage aux sources

13 juin 2011 | PAR Yaël Hirsch

Avec son deuxième roman, « Hôtel Argentina »,  Pierre Stasse décrit un voyage initiatique dans les méandres métaphysiques de Buenos Aires. Un pèlerinage aux sources qui transite entre l’Europe et l’Argentine, le présent et le passé, dans un climat fantastique raffiné.

Un jeune-homme de 25 ans quitte son Paris natal et toutes les activités qui y sont liées pour se rendre dans la ville où a vécu son père décédé et dont il n’a conservé qu’une photo. Arrivé à Buenos Aires, il est d’abord gébergé par un ami de la famille dans le quartier de Recoleta avant de trouver le chemin qui mène au mystérieux hôtel implicite, à Palermo. Tenu par les frère et sœur Menger, enfants d’un juif européen et d’une danseuse allemande décédés, cette pension magique à la Thomas Mann mêle clients réguliers et personnel entièrement dévoué aux Menger. Le narrateur y est reçu avec tous les honneurs et on lui propose gracieusement la plus belle chambre. Point de chute idéal pour poursuivre de longues marches dans la capitale argentine, cet implicite se transforme peu à peu en miroir d’un passé que le héros doit encore découvrir…

Sa tradition d’immigration fait de Buenos Airs un morceau d’Europe échoué en Amérique Latine, ainsi qu’un lieu de passage fascinant. De même que le couple de « Happy together » de Wong Kar-Wai ou les frères du « Tetro » de Coppola, le jeune ne héros de Pierre Stasse est de passage à Buenos Aires pour y flâner, s’y perdre et enquêter sur son propre passé. Oscillant entre descriptions magistrales de la vie de rue à Buenos Aires et scènes oniriques, l’équilibre subtil d' »Hôtel Argentina » passe par uen écriture musicale où le passé se déguise sous les mots. Un voyage intérieur que chacun peut suivre en filigrane, en s’immisçant dans la quête du jeune héros.

Pierre Stasse, « Hôtel Argentina », Flammarion, 242 pages, 18 euros. Sortie le 5 janvier 2011.

« La chute dans la ville me semblait plus délicieuse encore que ne el laissaient envisager les fantasmes répandus sur le voyage et l’oubli. » p. 67

 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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