Fictions

Sylvie Germain dresse le portrait d’une jeune-femme d’Après-guerre en « Petites scènes capitales »

Sylvie Germain dresse le portrait d’une jeune-femme d’Après-guerre en « Petites scènes capitales »

31 juillet 2013 | PAR Yaël Hirsch

L’auteure de « Magnus » (2005) et de « L’inaperçu » (2008) est de retour chez Albin Michel avec un livre, qui, comme son titre ne l’indique pas, retrace avec tact et précision la trajectoire d’une femme forte, généreuse, marquée par le malheur et son époque. Une ode à la vie, emprunte de douceur et de grâce quotidienne, si émouvante dans sa simplicité et si bien écrite que Sylvie Germain peut vraiment prétendre à un prix littéraire pour cette rentrée 2013. En librairies le 22 août 2013.

sylvie germain petites scènes capitaleLili naît juste après la guerre et doit faire face très tôt à la disparition de sa mère. Son père, Gabriel, se remarie assez rapidement avec une belle femme, ex-mannequin et mère de 4 enfants : Viviane. Lili se retrouve à partager la chambre et l’anniversaire de deux jumelles de son âge. Aimant mais juste, Gabriel ne privilégie jamais sa fille en quoi que ce soit sur les autres enfants. Marquée par l’absence terrible de sa mère, le fait qu’elle porte un double nom : Lili l’officieux et Barbara l’officiel et heurtée par les terribles malheurs qui s’abattent sur les enfants de Viviane, la sage jeune fille demeure toujours égale à elle-même : sage, discrète, aimante et pleine de compréhension pour tout un chacun. Au point de s’oublier dans la distribution des belles choses de la vie ? Peut-être, mais cela ne l’empêche pas d’adhérer en tant que jeune-femme à certaines utopies de son temps.

Décrite par fragments précieux et qui se suivent dans une narration tout à fait cohérente, linéaire et absorbante, la vie de Lili telle que la perçoit Sylvie Germain est infusée de la philosophie de son époque mais infusée de manière simple, directe, instinctive et bouillonnante d’un puissant désir de vivre. Derrière la figure discrète et aimable de Lili, le portrait de famille est admirable, et l’absence de jugement sur les complexités de chacun, communicative. Anti-Mauriac et néanmoins tout aussi emprunt de grâce divine et de psychologie, ce roman très classique réveille les sens et le sens, un de nos chouchous inattendus de la rentrée. Et un opus qui séduira même ceux et celles qui étaient rétifs au côté parfois hermétique et intellectualisant de Sylvie germain, l’auteure dévoilant ici un vrai talent de conteuse.

Sylvie Germain, « Petites scènes capitales », Albin Michel, 255 p., 19 euros. Sortie le 22 août 2013.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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