Fictions
Requiem pour une révolution de Robert Littell

Requiem pour une révolution de Robert Littell

27 avril 2014 | PAR Sandrine et Igor Weislinger

512AUHHKILL._AA160_Traduit de l’américain par Julien Deleuze

Alexandre Til a immigré jeune avec son père et ses frères aux Etats-Unis. Révolté par les conditions de vie et de travail sur place, suite à la mort de quelques-uns de ses proches, il devient révolutionnaire et décide de retourner dans son pays d’origine: la Russie pour y être acteur de la grande révolution de 1917. Son périple, qui va le conduire aux frontières de l’humanité, lui fera rencontrer Trotski, Lénine, Staline mais aussi la misère la plus noire, Alexandre Til se trouvera-t-il lui-même?

Robert Littell est un écrivain qui fut longtemps journaliste pour Newsweek où il était spécialisé dans la Russie et le Moyen-Orient. Il est entre autres l’auteur d’Ombres rouges (1992), La Compagnie: Le grand roman de la CIA (2003) adapté en petite série par Ridley Scott, L’hirondelle avant l’orage (2009), Une belle saloperie (2013, voir notre article)….Son écriture très visuelle et qui ménage bien le suspense lui vaut un succès mérité auprès de ses lecteurs: son roman La Compagnie a dépassé les 65000 exemplaires vendus en poche. Après avoir été nominé à sa parution pour le Grand prix des lecteurs de l’Express, Une belle saloperie a aussi été nominé fin juin pour le Grand prix de littérature policière qui sera décidé à la mi-septembre.

Dans cet itinéraire humain passionnant centré autour d’un homme qui s’efforce d’être le plus juste et le plus humain possible, nous voyageons d’un pays à l’autre, d’un idéal à l’autre à travers toute une tranche du vingtième siècle. Ce roman donne un éclairage inattendu sur Trotski, le troisième grand nom de la Révolution française, nous le côtoyons de près de même que Staline et Lénine suivant les traces du personnage principal. Il y a chez Robert Littell une grande virtuosité d’écriture, sa plume se prête à tous les styles avec une aisance déconcertante. Il offre à ses lecteurs une chronique du XXème siècle, une épopée en quelque sorte, celle d’un communiste prêt à tout pour que le monde change. Véritable réflexion sur le communisme et la Révolution, ce roman très philosophique s’inscrit comme une captivante réflexion sur la politique et le monde. L’auteur réussit à être incroyablement actuel avec des évènements datant d’il y a près d’un siècle, un roman totalement captivant.

Editions Baker Street – date de parution: 20 mars 2014 – 512 pages – 21 euros

visuels (c): Editions Baker Street

[Critique] « 96 heures » : Gérard Lanvin et Niels Arestrup dans un polar psychologique tendu à souhait
[Derniers jours] D’un plafond l’autre, étude sur les décors du XVIIe siècle
Sandrine et Igor Weislinger

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *