Essais

« Paul McCartney », la biographie référence par Philip Norman

« Paul McCartney », la biographie référence par Philip Norman

19 septembre 2017 | PAR Marine Stisi

En 2008, Philip Norman, auteur et journaliste anglais, publiait John Lennon : The Life, une biographie fleuve dans laquelle l’auteur ne cachait pas son idée selon laquelle John Lennon serait incontestablement le membre clé des Beatles. 28 septembre 2017, Philip Norman semble être revenu sur ses positions puisqu’il publie aux Editions Robert Laffont une biographie du second socle indéniable du groupe de rock emblématique, Paul McCartney.

 

Mea Culpa

C’est un débat qui fait rage depuis des décennies. Lequel de John Lennon ou de Paul McCartney fut véritablement le leader du plus grand groupe de rock que l’Angleterre ait connu, The Bealtes ? – Une affirmation qui dissimule d’ailleurs un autre débat de taille : quel est vraiment le plus grand groupe de rock que l’Angleterre ait connu, The Rolling Stones, ou The Beatles ? Un débat auquel Philip Norman s’est d’ailleurs frotté puisqu’avant de s’attaquer aux jeunes de Liverpool, l’auteur avait écrit à maintes reprises sur les pierres qui roulent.

Après avoir publié en 2008 cette biographie monstre et « définitive » du chanteur d’Imagine, le journaliste s’attaque donc à son meilleur et plus proche rival, celui que es médias trouvaient « cute » en comparaison du psyché et bordélique Lennon, le mignon Paul McCartney et son visage de poupon.

Avant de débuter les quelques 800 pages qui composent cette biographie absolument géniale, Philip Norman débute par expliquer la génèse de son projet. Comment, lui, l’homme qui a écrit quelques années auparavant que c’était Lennon la tête du groupe, Lennon et Lennon seul, peut-il aujourd’hui changer son fusil d’épaule et faire parler Paul ?

Il l’admet : près de 10 ans plus tard, il n’est plus aussi catégorique. Il ne l’était déjà plus quand il tenta l’impossible : contacter Paul McCartney directement et lui demander de l’aider dans son projet. Contre toute attente, McCartney répond favorablement. Il décroche son téléphone et compose le numéro du journaliste pour lui annoncer la nouvelle. L’histoire peut commencer.

Une biographie fleuve

832 pages, donc. 832 pages où le lecteur débute son voyage dans le petit quartier résidentiel de Liverpool où a grandi Paul avec son frère et son père, sa mère étant décédée alors qu’il était tout jeune.

Très vite, Paul rencontre un certain George (Harrison) avec qui il décide de faire de la musique. John, de deux ans son ainé, porte déjà des blousons de cuir qui les impressionnent tous les deux mais pourtant, quand Paul et John se rencontrent enfin, la connexion se fait vite. L’amour de la musique les attire l’un à l’autre et le talent, aussi. Lennon est droitier, McCartney gaucher : parfait pour jouer de la guitare en symétrie. La folie de John vient s’équilibrer avec la rigueur presque militaire de Paul, son calme, la sécurité qu’il dégage. Puis, Ringo vient s’ajouter. The Beatles sont nés.

Voilà. 

Des petits gars de Liverpool deviennent, en un rien de temps, les plus grandes stars de la planète. Ils remplissent des stades, déplacent les foules, soufflent un courant d’air incroyablement frais sur les charts et y squattent sans cesse les premières places.

Philip Norman, avec une précision hallucinante, revient sur toutes les grandes étapes de la vie de Paul McCartney, en débutant par le rôle capital qu’il a eut dans les Beatles (en déplaise donc au Norman de 2008) puis en se penchant sur ce qui vint après, dont des périodes parfois tourmentées par les démons du passé.

En résulte un livre costaud, car excessivement complet. Mais c’est absolument passionnant, délicieux, jouissif et très clair. Le temps de la lecture, on croirait se sentir proche d’un des musiciens les plus inaccessibles de la planète et qui pourtant, soudainement, nous apparait d’une humanité superbe.

Philip Norman, Paul McCartney, Editions Robert Laffont, 832 pages, 25€.

Date de parution : 28 septembre 2017

Visuel : (c) DR

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Marine Stisi
30% théâtre, 30% bouquins, 30% girl power et 10% petits chatons mignons qui tombent d'une table sans jamais se faire mal. Je n'aime pas faire la cuisine, mais j'aime bien manger.

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