Essais

Le récit : l’acteur méconnu de la psychanalyse

Le récit : l’acteur méconnu de la psychanalyse

05 novembre 2014 | PAR Emmanuel Niddam

Même quand l’on y trouve du silence, la psychanalyse, ça parle. Parler. Mais aussi raconter, narrer. La matière de la psychanalyse forme un récit : celui de l’analysant, comme celui des psychanalystes qui en rendent compte et qui parfois élaborent des théories. Max Kohn propose dans son nouvel ouvrage de donner la parole à cet acteur de la psychanalyse, le récit.


Le récit dans la psychanalyse
propose un voyage qui va de Winicott à Dolto, de Freud à Mélanie Klein, et en croise encore quelques autres. Pour ce voyage, le vaisseau que nous empruntons est le récit lui-même, utilisé comme une arme qui se referme sur lui-même par certain, empli de trous et de manques pour d’autres. Le récit emmène également le lecteur au travers des concepts de rhétorique, métaphore ou encore d’inconscient.

Ce voyage, Kohn le motive par la perception d’un manque dans les écrits des psychanalystes. Pour lui, le travail que Paul Ricoeur a mené autour de la rhétorique et du récit en général, reste à faire en ce qui concerne la psychanalyse. L’auteur de Autour du Politique a mené, au travers de son œuvre, un travail de déconstruction de la place du récit dans la culture, que Kohn initie alors à l’intérieur du corpus de la psychanalyse.

Le vœu de l’auteur par cet ouvrage théorique et référencé, est d’appeler celles et ceux qui pratiquent la psychanalyse, d’un côté comme de l’autre du divan, à se déprendre de l’objet récit, pour lui rendre le champs nécessaire au déploiement de la métaphore qu’il porte.

Bien qu’il s’adresse plutôt à un public averti, ce livre, par son approche anthologique, est à conseiller à un large public.

KOHN M., Le récit dans la psychanalyse, Paris, MJW Fédition, 2014

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Emmanuel Niddam

2 réflexions au sujet de « Le récit : l’acteur méconnu de la psychanalyse »

Commentaire(s)

  • La psychanalyse a été condamnée en 2010 par la Haute Autorité de Santé pour sa fausse prétention à pouvoir soigner l’autisme ! Elle a fait l’objet d’un rapport de l’INSERM en 2003 qui démontre qu’elle est sans efficacité sur le plan thérapeutique. En 1980, toutes les références freudiennes ont été retirées du DSM III. Toutefois, la psychanalyse est partout présente dans les questions et nos débats de société. Les médias s’en font les porte-paroles à outrance et parfois même les émissaires ! Par contre, les médias étouffent généralement les impostures, les escroqueries et les mensonges de la psychanalyse… C’est certainement parce que la psychanalyse fait vendre…

    novembre 6, 2014 at 12 h 55 min
  • Citoyen Lambda

    Mais ils vont pas nous lâcher les excités de l’autisme et de l’anti psychanalyse : vous n’aimez pas la psychanalyse, bah, n’y allez pas. C’est simple non. J’aimerais savoir si y a autant de gens qui s’excitent pour dénoncer les conneries du monceau de psychologue, psychothérapeutes, et autres psychiatres mal formés qui disent que des enfants en bonne forme sont hyperactif et à qui l’on file des calmants dés huit ans ? Qu’il y ait des idiots qui se disent psychanalystes : sans doute. Mais bon, votre croisade, car c’est une croisade, me semble tellement vaine….

    novembre 6, 2014 at 19 h 22 min

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