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Dernière sortie pour l’Afrique, première entrée pour Grégoire Chaste sur la scène littéraire

Dernière sortie pour l’Afrique, première entrée pour Grégoire Chaste sur la scène littéraire

13 mai 2013 | PAR Justine Braive


photo Greìgoire Chaste
Entre 2002 et 2005, Grégoire Chaste a troqué son Reims natal pour l’effervescente Libreville afin d’éviter le train-train d’un cabinet d’avocats d’affaires. Pour son premier roman, il mêle souvenirs et fiction.

Le personnage principal semble lui emprunter plusieurs traits de caractère. Curieux, passionné, globe trotteur, Bartolomé, jeune avocat, n’hésite pas à quitter famille et amis et même compagne pour rejoindre le feu gabonais le temps de deux printemps. Il vient de signer un VIE (Volontariat International en Entreprise), « la plus belle invention française depuis l’aéroplane » dit-il. Ces trois lettres connaissent un succès grandissant auprès des jeunes de moins de 28 ans. Nombreux sont les candidats qui se pressent pour ces missions à l’étranger, balancés entre stabilité et désir d’aventure. Bartolomé y voit le moyen de fuir son ancienne vie pour rencontrer l’inconnu, espérant donner un « sens à son existence », quête symptomatique de la nouvelle génération.

Le jeune Barth est alors transporté dans un Gabon tiraillé entre modernisme et traditions, peinant à se détacher de l’ancien joug colonial français. Très rapidement happé par le tourbillon de son pays d’accueil, il se voit confronté à une réalité qu’il n’avait alors qu’imaginée. Les enfants des rues de Libreville ne le laissent pas de marbre. Il croise la route du petit Picaillon, poursuivi par la police, dont il se prend d’affection, ému par la dignité troublante de ce dernier. Sauver le gamin des pavés devient alors pour lui son premier combat.

Des combats, il ne cessera d’en mener. Le repos du guerrier n’interviendra que lorsqu’il se lovera dans les bras de ses innombrables conquêtes. Les chutes de reins des femmes croisées depuis son arrivée éveillent les sens de celui qui ne sait réfréner ses ardeurs. Une seule canalisera sa fougue, la belle Soli, unique femme à laquelle il parviendra à clamer son amour.

Une véritable plongée avec Bartolomé dans un univers électrique, entre le Chouchou Bar, la séance de guérison du nganga Manomba, la jungle et les différents maquis ,narrée de manière fluide et imagée.

Tout au long des 260 pages, on suit l’épopée du jeune homme au gré de ses rencontres. Un roman d’aventure, un carnet de voyages où l’on fait  la connaissance de Pollux, ami et collègue européen, de Victor, qui a en horreur le petit milieu des expats, reprochant à son nouvel ami sa percée dans le monde des blancs, de Silvère, l’amoureux de la nature.

Parti à la recherche de « l’Ile des Bienheureux », Bartolomé va de surprises en désillusions, de moments de plénitude en passages amers, cherchant à tout prix à ne pas occuper sa vie « à  la même ineptie qu’en France, soleil en prime ».

Grégoire Chaste, « Dernière sortie pour l’Afrique« , l’Harmattan, 260 p., 22€

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Justine Braive

One thought on “Dernière sortie pour l’Afrique, première entrée pour Grégoire Chaste sur la scène littéraire”

Commentaire(s)

  • marie louisz

    je ne te connais pas

    mars 27, 2015 at 15 h 11 min

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