Livres
[Interview] « Burn out », Badrou, Mehdi, créateurs aux cœurs enflammés

[Interview] « Burn out », Badrou, Mehdi, créateurs aux cœurs enflammés

23 octobre 2015 | PAR Bérénice Clerc

 Certains les connaissent comme « les Kids » des émissions de Pascale Clark, d’autres comme des auteurs du Bondy Blog, les marcheurs de « Vie Rapide » sur ARTE… Ils sont Mehdi et Badrou, auteurs du vibrant « Burn Out » aux éditions du Seuil et du vivant documentaire, sur la destruction de la tour Balzac de La Courneuve, « Quand il a fallu partir », encore visible sur arte.fr. Ils ont accepté de nous rencontrer pour nous parler de leurs aventures créatives.

« Burn Out » ou l’histoire réinventée de Djamal Chaar, l’artiste de théâtre, travailleur incompris des services de Pôle Emploi, il s’immola par le feu devant son agence de Nantes le 13 février 2013.

Un chômeur de plus sur une liste incalculable des gagneurs d’argent au prix de la vie. Il va perdre ses droits, il veut, par un geste, exister, faire bouger les choses en France pour mettre en lumière les noms détachés de leur humanité par des listings et courbes chiffrés.

Il s’immola mais personne ne s’enflamma  pour son geste, noyé dans la banalité médiatique où un choc en remplace un autre aussi vite qu’une page de publicité.

Djamal Chaar, c’est lui, c’est nous, hier, demain peut-être, c’est l’humain qui devrait être visible en chacun de nous.

Dans leur roman polyphonique, le héros est un homme, artiste, clown ; il quitte l’Algérie pour retrouver une femme qu’il aime en ligne, un corps sur un écran de taxiphone. Il part, laisse tout, sa mère, sa vie, ses rêves… Il veut les déplacer en France, vivre de son art, donner aux autres, mais l’argent, le quotidien vont le rattraper ; trop vite ses semaines deviennent travailleuses, douloureuses, louer son corps pour un employeur qui ne tardera pas à le laisser sur le billot du licenciement.

« Burn Out » va bien au delà, il remue le monde, raconte la France, rend palpable l’exile. Dans la voiture avec le héros, le lecteur sent le vent, ravale ses larmes, se retient de ne pas hurler sa rage et ose croire en la force salvatrice de l’amour.

Le texte avance, comme si les yeux et les sentiments marchaient au fil des lignes pour suivre une flèche lumineuse, étoile filante à l’impact brutal. Le lecteur peut entendre le texte comme si des voix lui parlaient, suspendu à l’histoire sur la corde du réel, toujours au bord de la chute. Résumer le livre serait réducteur, la lecture semble indispensable, rapide et puissante comme l’existence.

« Burn Out » met le lecteur K-O, un match de boxe, à la loyale, un plus un égal trois, les gants, la foule hurlant ses désirs, les beaux coups pleuvent. Crochet de monde, uppercut de perte, droite de souvenirs, contre-offensive d’amour, absorption de réel, riposte de vie, déséquilibre…

On a beau être entraîné, on a beau penser déchiffrer le monde et les souffrances de la vie, on peut anticiper le match, mais le K-O est là. Il faut se relever, retourner sur le ring du quotidien pour changer le monde goutte à goutte, porter la beauté dans son immeuble, son quartier, sa rue, son pays et ailleurs.

Une chute salvatrice comme un rire. La violence du vécu est griffée de douceur, tendresse, espoir, la lumière jaillit semblable à celle des noirs tableaux de Soulages.

La beauté de la vie et des idéaux encore possibles apparaissent dans « Burn Out », chaque point est une ouverture, les nombreuses voix exemptes de pathos démultiplient, étendent l’espace du monde à l’infini.

 Deux cœurs enflammés, Badrou, Mehdi, passionnés par la vie, toujours au rythme fou de la rue, les pouls calés à la rage comme un étendard, partout où le vent de la révolte et le désir d’absolu souffle comme une impérieuse nécessité. L’exil, une brûlure dont ils cachent au présent la cicatrice lointaine invisible à l’œil nu.

Ils sont là debout, sourire accroché aux lèvres, ils répondent à nos questions comme des enfants démiurges inconscients qu’ils pouvaient le faire.

Mehdi, peux-tu me présenter Badrou ? :

 Medhi :

« Badrou a 23 ans, il habite à La Courneuve, il a rencontré Medhi au Lycée Blanqui de Saint-Ouen. Il aime bien lire, écouter de la musique congolaise et il n’est pas celui qu’on croit. »

Badrou, peux-tu me présenter Mehdi ? :

Badrou :

 » … Je suis très mal placé pour présenter Mehdi, honnêtement… Je peux dire que je le vois pratiquement tous les jours, je lui parle au moins au téléphone, il marche beaucoup avec moi au sens propre comme au figuré. Mehdi, si vous n’avez pas encore compris qui il est, il suffit de penser à son obsession : Rihanna pour le connaître ! « 

Présentez-moi le livre « Burn Out »:

Medhi :

 » Un roman français qui raconte un homme qui raconte la France.

Un roman écrit comme une trajectoire, l’histoire d’une fin. « 

Badrou :

 » C’est un roman qui raconte nos douleurs, les douleurs qui nous tiennent à cœur, les douleurs pas assez racontées, prises en compte, les douleurs d’aujourd’hui. Les douleurs du chômage, d’une classe populaire, travailleuse ou non, elle a du mal à vivre normalement, elle n’est pas écoutée, on parle à sa place mais on ne l’ écoute jamais. « 

Avez-vous un lecteur idéal ?

Badrou :

 » Nous espérons que ce roman parle à ceux qui sont racontés dans ce livre et à ceux qui ne se rendent pas compte et pourraient à travers ce livre voir s’éveiller en eux une empathie pour ceux qui ne sont pas comme eux et vivent difficilement par rapport à eux. « 

Comment pensez-vous atteindre ceux qui sont racontés ? 

Medhi :

 » Tout passe par le dialogue, la présentation du livre, même pour ceux qui n’ont pas forcément les codes ou l’habitude de lire. Il faut présenter le livre, le travail, le sujet… »

Badrou :

 » En France nous avons la chance d’être un pays où il y a plus de bibliothèques que de bureaux de Poste. C’est formidable la bibliothèque, tu peux emprunter des livres gratuitement et ils sont à toi, le temps de ton échange avec le bibliothécaire qui te conseille tel ou tel livre en fonction des questions que tu te poses et surtout le temps de ta lecture.

La bibliothèque c’est un peu comme Internet, ça nous met sur un pied d’égalité avec tout le monde. Celui qui est dans un taxiphone au fin fond d’Abidjan ou d’Alger peut savoir ce qui se passe ici place de la Bastille avec un périscope ou un « snapchat ». Il n’y a pas  de visa, comme pour la bibliothèque, c’est fort, on ne te demande pas ton portefeuille. « 

Comment pensez-vous toucher ceux qui ignorent la réalité des travailleurs pauvres ?

Badrou :

 » Notre expérience à la radio ou au Bondy blog nous permet de nous rendre compte que tous ces gens, quand tu leur mets la réalité en face, ils n’arrivent pas à répondre. Par habileté, ils peuvent éventuellement te répondre « oui on sait qu’il y a ça » mais ils n’ont pas de réponses. Pour ces élites, payés pour nous servir, tout ce qui nous arrive est une fumée, en bas il y a le feu, eux ne perçoivent que la fumée. « 

« Burn Out » est sortie le 17 septembre, vous avez déjà des retours ? :

Medhi :

 » Nous avons des retours de proches, de gens éloignés. Je suis très étonné de ne pas avoir de mauvaises critiques, je m’attendais à avoir des journalistes qui n’aiment pas… J’étais prêt au combat, je suis déçu parce que personne ne veut se battre ! Mais cela fait plaisir, tu as l’impression que ton travail paye, il est lu et compris. Les gens aiment cette polyphonie, ils aiment l’histoire d’amour, le style leur parle, ils nous reconnaissent, nous ne nous sommes pas trahis… « 

Comment avez-vous concrètement écrit ce livre ? :

Badrou :

« Ce n’était pas idyllique ce temps d’écriture. Il fallait chercher en soi pour arracher des mots, c’était douloureux avec beaucoup de doutes, de prise de tête, de sévérité à l’égard de soi. Nous sommes sévères envers nous-mêmes et l’un avec l’autre. Comment arriver à trouver la bonne musique pour raconter ton idée ? Nous étions dans un salon ou une chambre, chacun son ordinateur, nous nous donnions un temps pour écrire des chapitres, nous nous les lisions à haute voix et nous construisions comme ça. L’urgence est arrivée, nous étions à la radio, c’était intense et quotidien, il a fallu partir à Istanbul pour se concentrer pendant dix jours loin de tout pour écrire non stop et finir vite sans trop garder les choses en soi. Nous n’allons pas dire que le livre ainsi rendu est parfait, mais nous espérons qu’à ce moment donné, l’idée que nous avions de ce livre est là. Si nous le relisons dans dix ans nous dirons sans doute, il manque, ça et ça…Nous actualiserons peut-être « Burn Out » comme les articles sur Internet ! « 

Aviez-vous une trame, une trajectoire pour le livre ou est-ce venu en écrivant ?

Badrou :

 » Dès le départ nous étions d’accord sur le principe du premier et du dernier chapitre identiques avec des petits changements de mots. Il fallait trouver ce qui se passait entre ce premier et ce dernier chapitre, c’est la trajectoire du personnage. Il part de chez sa mère, elle le voit quitter le pays, ce pays coloré, ambiancé, bruyant mais il rejoint l’amour, la femme qu’il aime, rencontré par des fils sur Internet.

Il se dit qu’il va se rapprocher de sa passion artistique et de désillusions en désillusions on est avec lui dans ces moments de basculements. Il ne pourra pas vivre de sa passion en France, donc il va falloir accepter tous les travaux. Il va se rendre compte qu’il est loin de son pays et qu’il ne peut pas retourner en arrière. Il doit chercher un travail, il fait parti de ceux regardés comme des potentiels fraudeurs, des futurs dossiers à radier… « 

Aviez-vous envie d’écrire un livre ou cette histoire en est-elle l’unique origine?

 

Mehdi :

 » C’est vraiment cette histoire là parce qu’écrire un livre pour nous paraissait insurmontable, impossible, trop grand…

Nous avons entendu cette histoire et l’avons raconté à l’éditrice, elle nous a dit de le faire. Cela s’est finalement avéré compliqué mais dans une autre forme de difficulté, pas celle imaginée, plus vide. Nous pensions être épuisés par le remplissage, mais la fatigue est venue du vide, nous étions vidés. « 

Pensiez-vous à Djamal Chaar ? :

Mehdi :

 » Non pas du tout, il y a une certaine froideur entre lui et nous, nous n’avons pas l’impression de le connaître, c’est mieux comme ça avec une certaine distance. Nous le regardons, il ne vit pas avec nous. « 

Avez-vous eu des réactions de ses proches ? :

Mehdi :

 » Non. Nous avons remis le livre à sa femme à Paris mais elle ne l’a pas lu, mais elle le lira quand elle en aura envie… Les autres sont en Algérie, il a forcément des gens ici qui en ont entendu parler mais ce serait compliqué cette intimité. Ca leur fait forcément quelque chose. « 

Pensez-vous à un film tiré de ce texte ?

Mehdi :

 » Ce sera fait ! Les droits ont été achetés, nous n’allons pas le réaliser. Nous sommes  contents, cela peut être une belle histoire de cinéma. Nous allons participer à l ‘écriture de l’adaptation mais nous ne voulions pas le réaliser. Nous avons l’impression d’avoir fait le tour de l’histoire, maintenant elle ne nous appartient plus, nous préférions la donner à quelqu’un d’autre. « 

Avez-vous d’autres projets d’écriture ?

Mehdi :

 » Nous allons écrire un deuxième livre publié en janvier 2017.

Un roman autour des élections de 2017. Cela nous tient à cœur nous sommes très pressés de l’écrire car nous avons plein de choses à dire ! « 

Parlons de votre très beau documentaire « Quand il a fallu partir » pour Arte. Comment est venue l’envie de faire ce documentaire ? :

Mehdi :

 » C’est encore une histoire personnelle et intime. Badrou a habité là-bas, tour Balzac à La Courneuve, pour la radio et le BondyBlog nous avons suivi la destruction de la barre, elle a duré trois mois, le premier jour était historique, nous voulions figer ce moment-là.

Quand nous avons vu la grignoteuse le premier jour nous avons eu envie de faire un film qui restera, un film qui parle des habitants, sans parole politique. « 

Badrou :

 » Pendant le temps du grignotage de Balzac, trois mois d’été, Monte Laster a filmé la progression, il en a fait une installation exposée au Palais de Tokyo l’année dernière.

Ses images sont belles, spectaculaires visuellement et dans la symbolique de proclamer le nettoyage au karsher et de voir cette machine comme l’action mécanique de ces propos politiques de Nicolas Sarkosy. Pour des histoires de bâtiments démolis on a du mal à saisir les paroles d’habitants. Notre parti pris et notre volonté étaient d’aller chercher ce que pouvait donner et évoquer des jeunes qui ont grandi dans ce quartier des 4000 ou des mères de famille et des personnes avec un regard sur ce lieu. Dans le film nous n’avons pas forcément des regards bienveillants ou idylliques, angéliques, loin de là ! Il y a une forme de lucidité par rapport à l’échec social représenté par ce bâtiment, toutes ces années où on a décidé de ghettoïser les classes populaires, pour la plupart d’origine émigrée. Ce bâtiment est comme un sein que l’on ne veut pas voir, là nous l’avons montré ! « 

Badrou, quel est ton rapport intime à la destruction de cette tour ?

Badrou :

 » ….. Il s’agit du lieu où j’ai grandi, je me suis construit, les images de l’enfance m’accompagnent pour la vie mais je n’ai pas autant d’attaches que d’autres par rapport à ce bâtiment-là.

On peut se complaire avec les potes, la famille, tout est cool et tranquille, puis tu grandis et tu te rends compte à 20, 22 ans qu’autour de toi, même si tu réussis plus ou moins à te débrouiller, il y en a d’autres en galère parce que personne ne leur a donné les armes et les codes pour avoir la possibilité d’être comme les autres.

Ce qui est terrible quand on regarde le film, quand on leur demande quels sont leurs rêves, ils disent que leur rêve est d’être comme tout le monde ! Ils veulent être comme les autres, se projettent dans une vie plate. La violence implacable pour les nôtres c’est le vol de leurs rêves ! Ils ont été calmés, on leur dit de rêver mais pas trop loin et de ne pas oublier d’où ils viennent, rester là, avoir peur du regard de l’autre…

Nous n’avons pas fait un film joyeux même si les gens sont naturels, tranquilles, attachants, drôles… Mais dans la structure du propos, du discours et de la réalité c’est très noir. « 

Comment avez-vous sélectionné les témoins du film ?

Badrou :

 » Dans le dispositif du film à part Flex qui parle au début aucun personnage ne revient car pour nous à chaque étape du film la parole d’une personne nous accompagne dans notre manière de regarder Balzac, ce bâtiment qui n’est plus là. La famille relogée, les petites sœurs, plus tard les jeunes qui se rêvent en père de famille, cela pourrait être la parole d’une seule personne. Mais dit par telle personne à tel moment du film cela organise notre regard sur ce lieu qui n’est plus. Au début le spectateur peut croire que le lieu est à regretter, puis à un moment il se rend compte du contraire. Il y a du rêve, de l’abandon, lié à la condition de jeunes issus de ces quartiers qui doivent nous interpeler. « 

Mehdi :

 » Cela rappelle un peu le livre, ces chemins de vie, cette polyphonie raconte l’histoire universelle de la destruction des souvenirs, la mémoire grignotée. « 

 

Quelles étaient les réactions des gens quand vous leur avez demandé de témoigner ? :

Mehdi :

 » Ils étaient plutôt pour, il y a juste une femme qui ne voulait pas être filmée parce qu’elle avait peur de ne pas plaire, d’être « moche », de montrer chez elle… C’est le problème de l’image à la télé !

Ils étaient contents car très attachés à leur endroit, leur lieu, leur vrai milieu finalement.

Ils étaient heureux de transmettre leur histoire, leur image. « 

A qui voudriez-vous montrer ce film ? :

Mehdi :

 » Ce film peut répondre à certaines choses sur la banlieue, certains clichés et idées fausses.

Il peut être destiné à tous ces gens qui veulent voir les choses comme ils l’espèrent ou le fantasme.

Ce film est une forme de réalité, c’est autre chose. »

Petit vous vous rêviez comment ? :

Mehdi :

 » Je rêvais de faire un film et d’écrire un livre… Donc ça, c’est fait !

Ce n’est que le début, nous sommes dans un acte créatif, on quitte l’acte créatif quand on perd la colère, quand on a plus rien à dire, plus d’espoir, plus rien. Nous sommes remplis d’espoir, de rêves et de colère alors ça va durer encore longtemps. « 

Vous président, vous avez quartier libre, vous devez prendre des décisions pour la banlieue, que faites-vous ?

Mehdi :

  » Rendre les rêves et les idées aux gens ! Nous pourrions être une société qui fonctionne sur les fantasmes par exemple, les ambitions… Nous pourrions être une société rêveuse, nous sommes une société désespérée. Il faut forcer les gens à rêver cinq fois par jour. A la place des formations, faire travailler les gens sur des vraies idées qui changeraient leur quotidien, leur goût et leur rendrait l’amour. « 

Badrou :

  » Je vote pour ! « 

Pour vous qu’est-ce qu’une belle histoire d’amour ?

Mehdi :

 » Une histoire qui se termine comme elle a commencé avec urgence, excitation, rapidité passion, désir, obsession, sinon après c’est trop tard ! « 

Badrou :

 » Je viens d’entendre Maïwenn je vais la « paraphraser », une belle histoire d’amour est une histoire incomprise par ceux qui ne la vivent pas. « 

Quels sont vos projets ? :

Mehdi :

 » Nous allons reprendre  » Vie rapide « , notre série pour Arte le 2 novembre. Ça nous fait bouger, rencontrer des gens qu’on aime parce qu’on en a marre de rencontrer des gens qu’on n’aime pas ! Ecrire et marcher, surtout marcher.

Un français condamné à une lourde peine pour téléchargement illégal
Anna Teresa de Keersmaker à l’opéra Garnier : apologie du genre
Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

2 thoughts on “[Interview] « Burn out », Badrou, Mehdi, créateurs aux cœurs enflammés”

Commentaire(s)

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *