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« Tout Chabrol » de Laurent Bourdon : Somme d’un réalisateur prolifique

« Tout Chabrol » de Laurent Bourdon : Somme d’un réalisateur prolifique

28 novembre 2020 | PAR Julien Coquet

680 pages se révèlent nécessaires pour dresser le portrait et la filmographie de Claude Chabrol. Un hommage complet.

A l’occasion des 10 ans de sa mort, les éditions LettMotif offrent à Claude Chabrol un beau portrait. Beau tout d’abord car il se révèle complet. Laurent Bourdon, journaliste et homme de radio, a pris son travail à bras le corps tant la carrière du cinéaste est importante. En plus de 50 ans de métier, Chabrol réalise ainsi 57 films, mais aussi 24 téléfilms, deux mises en scène de théâtre tout en tournant des publicités, jouant l’acteur et s’adonnant à la critique dans Les Cahiers du cinéma. La période « Avant Le Beau Serge » met notamment en avant le rôle important des Cahiers et la découverte des films d’Alfred Hitchcock, réalisateur qu’il rencontrera à de nombreuses reprises avec son acolyte François Truffaut.

Laurent Bourdon s’intéresse ensuite à chaque film, les disséquant un à un, commençant par Le Beau Serge (en 1957, Chabrol a alors 27 ans) et terminant par Bellamy (2008). Précédé d’une fiche technique, le film est alors résumé puis commenté (choix des acteurs, de l’équipe technique, conditions de tournage) et se termine par une revue de presse très complète. Pour La Cérémonie (1995), peut-être le film le plus intéressant de Chabrol, en tout cas celui par lequel il faut commencer, on apprend ainsi que Chabrol n’était au départ pas vraiment intéressé par le roman de Ruth Rendell, L’Analphabète, dont est tiré le film. Chabrol, en lisant les autres livres de l’auteure, changera d’avis et engagera un travail approfondi sur les deux personnages principaux joués par Isabelle Huppert et Sandrine Bonnaire.

L’intérêt de Tout Chabrol réside aussi dans le portrait d’un homme. Avec plus de 3 500 citations parcourant l’ouvrage, Tout Chabrol nous présente un homme attachant, partisan du bon mot, bon vivant (il rencontre souvent ses acteurs au restaurant) et heureux (à la question « Mon rêve de bonheur » du questionnaire Proust, il répond « Réaliser. Je le vis, mon rêve de bonheur. Je n’ai pas de rêve de bonheur, je le vis. » ). Souvent entouré des membres de sa famille et, plus généralement, de la fameuse famille du cinéma qu’il avait constitué avec Stéphane Audran, Henri Attal, Dominique Zardi et les autres, Chabrol nous a quittés il y a dix ans. Et il nous manque.

« C’est avec Les Cousins – titre trouvé par Brialy – que débute la longue liste des Paul et des Charles qui parsèmeront la filmographie de Claude Chabrol : quinze Paul et dix Charles. Il dira avoir choisi ces prénoms en pensant, d’une part, à Paul Gégauff – avec lequel il entretenait à peu près le même genre de relations que les deux cousins du film – et, d’autre part, à son grand-père Charles Chabrol. Ainsi, selon de très stricts critères chabroliens, un Paul peut tuer un Charles – ou un autre – alors que la réciproque est impossible. »

Tout Chabrol, Laurent Bourdon, Editions LettMotif, 680 pages, 39 € en version brochée

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Julien Coquet

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