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« Retour à Movieland » de David Honnorat : Le cinéma comme une toile d’araignée

« Retour à Movieland » de David Honnorat : Le cinéma comme une toile d’araignée

05 janvier 2021 | PAR Julien Coquet

D’univers en films, Retour à Movieland. Un voyage illustré au pays du cinéma offre une cartographie intéressante des films, illustrée par Alex Chauvel.

Le concept n’est pas neuf mais se révèle toujours stimulant intellectuellement. Dès la naissance de la critique littéraire, le concept d’ « intertextualité » était mis en avant, soit l’ensemble des relations qu’entretient un texte avec un autre texte (citations, plagiat, allusion…). Le cinéma s’étant construit par rapport à sa grande sœur, la littérature, il est alors tout à fait normal d’observer des similitudes entre certains films, de repérer certains mêmes thèmes abordés sous des angles différents ou de noter des inspirations ci et là. Dans son avant-propos, David Honorat avoue même qu’il s’est « mis à aimer, presque autant que les œuvres elles-mêmes, ce qui se jouait entre elles ». Car Retour à Movieland est bien un livre de ponts, de liens et de chemins, comme l’étaient les documentaires de Scorsese, Un voyage avec Martin Scorsese à travers le cinéma américain, et de Tavernier, Voyage à travers le cinéma français. Plus récemment et accessible par tous, on peut citer la chaîne Arte Blow Up qui s’amuse à prendre un thème et à détricoter son étendue au cinéma.

Movieland, le guide ultime du cinéma, dans un style plus encyclopédique, reprenait déjà le travail de David Honnorat que l’on peut retrouver sur Movieland.io. L’objectif était déjà de « restituer, aussi clairement que possible, l’enchevêtrement de fils qu’on peut tirer entre les œuvres ». Dans ce second volume, David Honnorat prend son temps en explorant 20 univers. Puisque tout a commencé par un train (L’Arrivée d’un train en gare de La Ciotat), c’est ce moyen de locomotion retenu qui nous servira à nous déplacer d’une région à une autre, d’un film à un autre. Ainsi, dans Funny Territory, on passe allégrement, dans un ordre plutôt chronologique afin de décrire l’évolution de l’humour au cinéma, du Dictateur (Chaplin, 1940) à La Soupe au canard (Leo McCarey, 1933), puis aux Vacances de monsieur Hulot (Jacques Tati, 1953) pour finir avec Rasta Rockett (Jon Turteltaub, 1993). Chaque territoire exploré est accompagné d’une belle carte confiée aux pinceaux d’Alex Chauvel. Libre alors au lecteur de repérer une petite fille au manteau rouge pour La Liste de Schindler (Steven Spielberg, 1993), un smiley taché de sang pour Watchmen : Les Gardiens (Zack Snyder, 2009) ou un piano à queue pour Tokyo Sonata (Kiyoshi Kurosawa, 2008).

Sur le territoire « Crime Reservoir » :
« Sorti du film noir, mon périple se poursuit naturellement vers un territoire plus vaste. Le film dit « criminel » étant une extension du noir (dont il est le précurseur en même temps que l’héritier), la distinction entre les deux peut prêter à confusion. Disons que les récits tournent toujours autour du crime mais qu’ils se distinguent généralement par des récits plus amples et, n’étant pas spécialement tenus par une unité esthétique, offrent une plus large variété formelle. Là où, dans le chapitre précédent, le crime était généralement le fait d’individus isolés, en proie à des tourments personnels, il sera plutôt question ici des professionnels de la profession, et donc d’un crime que l’on dit « organisé »« .

Retour à Movieland. Un voyage illustré au pays du cinéma, David Honnorat, Hachette Heroes, 160 pages, 30 €

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