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« Le Voleur de livres » d’Alessandro Tota et Pierre Van Hove, la poésie c’est pour les cons…

« Le Voleur de livres » d’Alessandro Tota et Pierre Van Hove, la poésie c’est pour les cons…

14 mars 2015 | PAR Le Barbu

Paris, années 1950. Sartre et l’existentialisme quadrillent Saint-Germain-des-prés. Daniel Brodin, étudiant en droit en Sorbonne et féru de poésie vit à Aubervilliers, chez son oncle, communiste. Il s’ennuie, il est seul. Il attend de vivre une autre vie que celle de sa famille, mais laquelle ?

 

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Daniel Brodin songe au suicide et trouve réconfort dans la poésie, volant des ouvrages en librairie, au petit bonheur la chance, puisqu’il est sans argent. C’est un poète, du moins le prétend-il. Au café Serbier, fréquenté par la fine fleur de l’intelligentsia parisienne, il est prié de déclamer un poème de sa composition. Il déclame alors un poème italien, pensant que personne ne le connaît. C’est un plagiat, mais c’est un triomphe ! Cette imposture – vue comme une oeuvre d’art – va lui donner ses lettres de noblesse et il devient rapidement légitime d’une bande de débauchés cultivés, artistes libertaires, volontairement désoeuvrés, délinquants, alcooliques, d’où émergent Gilles la tête pensante, Jean-Michel la tête brûlée, Ed la tête en l’air, et d’autres encore tous plus singuliers les uns que les autres. Et puis, il y a Colette, jolie tête bien faite, dont Daniel tombe amoureux… La gloire de Daniel durera le temps des roses, jusqu’à ce que Jean-Michel le détrône, devenant à son tour la coqueluche du Tout-Paris littéraire. Et, quand l’étoile de celui-ci ne brillera plus, il faudra bien se résoudre à vivre d’expédients, et les choses iront de mal en pis…

Satire d’un Paris littéraire prétentieux, gangréné par les escrocs en tous genres, cette comédie drôle et féroce nous embarque dans le microcosme enfumé des bistrots des années 50 où l’on déclamait en prose. Remplie d’impostures et de provocations, cette vie vécue comme un jeu est un véritable délice de lecture qui se lit d’une traite. Le scénario est très habile et le dessin, épuré, expressif, et d’une grande finesse, renforce le réalisme d’une farce littéraire de haute voltige.

Un très bon album. A lire absolument !

« Le Voleur de livres, la poésie c’est pour les cons » d’Alessandro Tota et Pierre Van Hove, Futuropolis, mars 2015, 24 euros.

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Le Barbu
Le Barbu voit le jour à Avignon. Après une formation d'historien-épigraphiste il devient professeur d'histoire-géogaphie. Parallèlement il professionnalise sa passion pour la musique. Il est dj-producteur-organisateur et résident permanent du Batofar et de l'Alimentation Générale. Issu de la culture "Block Party Afro Américaine", Le Barbu, sous le pseudo de Mosca Verde, a retourné les dancefloors de nombreuses salles parisiennes, ainsi qu'en France et en Europe. Il est un des spécialistes français du Moombahton et de Globalbass. Actuellement il travaille sur un projet rock-folk avec sa compagne, et poursuit quelques travaux d'écriture. Il a rejoint la rédaction de TLC à l'automne 2012 en tant que chroniqueur musique-société-littérature.

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