BD
Anthologie Édika volume 2 (1985-1990) : Pourquoi tant de haine ?

Anthologie Édika volume 2 (1985-1990) : Pourquoi tant de haine ?

05 mars 2021 | PAR Julien Coquet

Après la parution d’un premier volume couvrant les années 1979-1984, les éditions Fluide Glacial continuent d’explorer les meilleures planches d’un dessinateur iconique du magazine de bandes dessinées.

Binet, Gotlib, Maëster… Pour les amateurs de bande dessinée humoristique, ces noms marquent les grandes années du magazine Fluide glacial, fondé en 1975. A ces trois noms iconiques se rajoute bien sûr celui d’Édika, qui collabora dès les premières années du magazine. Au total, en 41 ans, Édika affiche au compteur 309 histoires, 81 couvertures du magazine, 37 albums… Ce deuxième volume de l’anthologie prévue en 6 volumes s’intéresse aux années 1985-1990.

Le style d’Édika est vite caractérisable par son humour absurde : la plupart des histoires ne finissent pas, ou sont coupées brutalement. Le déroulement de l’histoire se présente, lui, sous la forme d’infinies variations autour d’un même thème : un homme tombe du pont d’un bateau en pleine mer, un homme amène son chat chez le vétérinaire, un homme demande à un autre homme d’aller aborder une prostituée pour lui… La mécompréhension entre les personnages est reine, les bulles sortent des cases et se retrouvent surchargées d’informations inutiles, des anecdotes banales prennent de l’importance.

Les personnages les plus notables et les plus loufoques d’Édika se retrouvent déjà dans cette anthologie : le dessinateur imaginaire Bronsky Proko, son chat Clark Gaybeul, des femmes plantureuses (on trouve ainsi une discussion entre Moebius et Édika sur l’importance du dessein des seins)… La violence est très souvent gratuite, amenant des personnages à se demander : « Pourquoi tant de haine ? » Au risque de perdre le lecteur et d’abuser de sa patience, Édika ne cesse de surprendre, d’aller à rebrousse-poil, de proposer des inventions géniales et de repousser les limites du raisonnable.

Anthologie Édika, 1985-1990, Editions Fluide Glacial, 240 pages, 29,90 €

François Truffaut : autopsie à travers son double Antoine Doinel
L’agenda du weekend du 6 mars
Julien Coquet

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture