Cinema

Waste Land : l’absolu recyclage

Waste Land : l’absolu recyclage

19 mars 2011 | PAR Geraldine Pioud

Et si nos ordures pouvaient être recyclées en oeuvres d’art? C’est le défi que s’est lancé Vik Muniz, un artiste brésilien, suivi de près par la caméra de Lucy Walker. Le résultat est étonnant, émouvant et plein d’humanité.

Synopsis : « Pendant trois ans, Waste Land suit l’artiste brésilien Vik Muniz de Brooklyn, où il vit, à Jardim Gramacho en banlieue de Rio de Janeiro. Dans la plus vaste décharge du monde, il retrouve son Brésil natal pour un projet artistique inédit : photographier les « catadores » (les ramasseurs de déchets recyclables) dans des mises en scènes composées à partir d’objets et matériaux rescapés des poubelles.
Tout au long de cette aventure, le projet va prendre une toute autre dimension. Au fur et à mesure de sa collaboration avec ces personnages hors du commun, Vik va saisir tout le désespoir et la dignité des catadores, alors même qu’ils parviennent à réinventer leur vie en prenant part à son œuvre d’artiste.
Produit par Fernando Meirelles et rythmé par les mélodies de Moby, le film de Lucy Walker propose une réflexion sur la responsabilité de l’artiste envers son environnement et sur l’idée utopique qu’une œuvre peut parfois changer une vie.
Waste Land nous offre la preuve éclatante du pouvoir de l’art, au delà de la frénésie des cotes des artistes contemporains, redonnant ainsi un nouveau sens à la valeur de l’œuvre. »

Voici un documentaire intéressant et très bien construit, chose assez rare dans ce genre cinématographique pour le signaler! Sous l’oeil avisé de Lucy Walker, les protagonistes vont faire évoluer l’histoire dans des directions inattendues. Trieurs anonymes, ils vont se retrouver, quasiment du jour au lendemain, dans un univers dont ils ignorent tout. L’artiste Vik Muniz leur propose de collaborer à la création, à partir de photographies, de leur portrait avec des déchets recyclables. Le résultat est étonnant, beau et troublant.

Arrivé malgré lui avec un peu trop d’assurance et un sentiment inconscient de « supériorité », Vik Muniz change son regard sur le monde au cours du documentaire. Troublé par ces êtres de l’ombre, il apprend à leur contact et son discours devient petit à petit celui d’un autre homme. Un homme qui s’est rapproché de l’existence, de son essence même. Mais ne croyez pas que cette métamorphose soit la seule! Chez les trieurs, l’horizon s’ouvre sur d’autres possibles. L’espoir semble renaître chez chacun d’eux, heureux à présent de voir qu’ils savent faire plus que trier des ordures. Ils se mettent à rêver car cette expérience leur offre de nouvelles perspectives.

Qui aurait cru qu’un documentaire avec un tel synopsis aurait cet impact? L’histoire est belle, car elle raconte la chose la plus pure et la plus simple en ce monde : la rencontre entre êtres humains.


Waste Land – Bande annonce VF par _Caprice_

Waste Land, de Lucy Walker, avec Vik Muniz, Fabio Ghivelder, Isis Rodrigues Garros, José Carlos da Silva Baia Lopes
Brésil / Grande-Bretagne, 1h38, Documentaire
Au cinéma le 23 mars 2011

Infos pratiques

In extenso aux disquaires, dimanche 20 mars
Easy money de Daniel Espinosa efficace mais convenu
Geraldine Pioud

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