Cinema
[Un Certain Regard] « An » : une ouverture du Certain Regard sans éclat

[Un Certain Regard] « An » : une ouverture du Certain Regard sans éclat

15 mai 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

Dans ce conte à trois personnages principaux signé Naomi Kawase, le fond est là, généreux. Mais la forme échoue à transmettre la subtilité attendue.

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Il était une fois un vendeur de dorayakis très malheureux, visité un jour par une vieille dame, désireuse de travailler comme cuisinière dans sa gargotte. Une personne paraissant, elle aussi, avoir beaucoup souffert… A ce duo se joint bientôt une lycéenne tristoune… Le thème de la réunion d’êtres cabossés par la vie, finissant par se faire du bien, a été exploité dans mille films. Naomi Kawase ne le renouvelle hélas guère. Ses obsessions semblent porter sur la nature et le bien qu’elle peut procurer. Still the water (2014), déjà, montrait une île habitée par des forces supérieures, qu’on avait un peu de mal à se représenter. Le caractère simple de sa mise en scène ne débouche pas sur une quelconque émotion, mais laisse à terre.

Ici, les gros plans sur les haricots japonais qui cuisent ne sont guère expressifs. On se dit que notre réalisatrice ferait davantage parler la nature si elle filmait un travail, ou une évolution. Et ses vues de cerisiers, accompagnées de quelques notes de piano, n’évoquent rien. Difficile également de déceler un constat intéressant sur le Japon actuel… Malgré le talent immense de Kirin Kiki, plus qu’authentique en courageuse grand-mère maudite, et en dépit d’une scène, une seule, poignante – car sobre – on reste étranger à cette histoire. Et à la fin, on s’approche davantage du pathos que de la transcendance…

An, un film de Naomi Kawase. Avec Kirin Kiki, Masatoshi Nagase, Kyara Uchida. Durée : 1h53.

Retrouvez tous les films de la section Un certain regard dans notre dossier Cannes

Visuel : © Haut et Court

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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