Cinema
[Compétition] « Notre petite sœur » : un Kore-eda trop calme

[Compétition] « Notre petite sœur » : un Kore-eda trop calme

15 mai 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

Hirokazu Kore-eda persiste dans sa veine douce-amère portée sur les histoires de famille. Et signe un film qui s’épuise vite, où la plupart des scènes semblent faire appel aux mêmes enjeux…

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Sachi, Yoshino et Chika sont sœurs. Entrées depuis peu dans l’âge adulte, elles habitent ensemble une grande maison. Suite aux funérailles de leur père, qui, après avoir quitté leur mère, vécut successivement avec deux femmes, elles accueillent au sein de leur fratrie une invitée : Suzu, la petite sœur dont elles ignoraient l’existence. Un geste totalement volontaire de leur part… Et puis ? Et puis, pas grand-chose d’autre. Plus que jamais, le cinéma d’Hirokazu Kore-eda livre des chroniques. Celles d’une existence à quatre, à des âges différents de la vie.

Mais si la justesse des sentiments est toujours au rendez-vous, le rythme du film demeure assez uniforme. Peu de rebondissements, de climax dramatiques, une tonalité qui s’installe, et dure encore et encore… Lorsque la mère de nos trois héroïnes suggère de « se débarrasser de la maison », elle introduit un élément perturbateur. Au bout d’une heure quinze de projection…

En fin de compte, on ne perçoit qu’assez peu l’évolution de Suzu. Pourtant, le début ouvrait une piste passionnante : des filles pas encore parties du giron familial, voulant s’occuper d’une enfant… Mais de façon curieuse, Hirokazu Kore-eda n’explique rien, et montre très peu. Peut-être a-t-il vu trop grand en voulant embrasser quatre destins. Même si ses actrices, remarquables, ne sont pas en cause, Notre petite sœur manque de vraies ruptures dramatiques. Et semble du même coup très long…


Notre petite soeur, un film d’Hirokazu Kore-eda. D’après un manga d’Akimi Yoshida. Avec Haruka Ayase, Masami Nagasawa, Kaho, Suzu Hirose. Comédie dramatique, Japonais. Durée : 2h08. En salles le 28 octobre 2015.

Retrouvez tous les films de la Compétition dans notre dossier Cannes

Visuel : © Droits réservés, Le Pacte

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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