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The Spine of Night, animation épique, gore et plutôt convaincante à l’Étrange Festival 2021

The Spine of Night, animation épique, gore et plutôt convaincante à l’Étrange Festival 2021

30 septembre 2021 | PAR Geoffrey Nabavian

Long-métrage en dessin animé américain d’heroic fantasy, The Spine of Night s’avère sanglant, et soutenu par une assez belle technique d’animation.

Dans un monde façon heroic fantasy, une sorcière vivant dans les marais avec son peuple et en bonne harmonie avec la nature se retrouve emprisonnée dans le château d’un seigneur plus « civilisé », donc plus corrompu. Elle tire sa magie des feuilles d’une plante bleue mystique, feuilles qu’elle porte autour du coup. Un magicien venu d’une cité lointaine se trouve aussi emprisonné bientôt avec elle. Les deux parviennent à s’enfuir et à achever le seigneur et sa troupe, mais par malchance, le magicien se trouve mal intentionné en réalité : il tue son ex-compagne de cellule et lui vole la fameuse plante. Des années après, il est parvenu à libérer toute la puissance magique de cette dernière, l’a rendue maléfique, et s’en sert pour faire régner la terreur.

Situé dans un univers d’heroic fantasy, donc, The spine of night est un long-métrage en dessin animé pour adultes : son usage des effets gores ne le rend pas visible par tout le monde. D’emblée, ses partis-pris graphiques apparaissent réussis : les couleurs sont bien choisies, les paysages amples, les ambiances savent faire fort effet. Les personnages, bien que graphiques comme des illustrations de bande dessinée, conservent un côté très humain néanmoins – la grande qualité de la plupart des films montrés cette année à l’Étrange Festival – et gardent une épaisseur au niveau de leurs corps : on ressent les coups qui leur sont portés. Ce monde décrit a de la chair. Les deux réalisateurs Philip Gelatt et Morgan Galen King savent donner au film une bonne tenue globale et un bon rythme.

Ce que raconte le récit peut apparaître moins original, déjà beaucoup vu dans d’autres récits, mais cependant, le fait que les protagonistes soient assez nombreux et le récit plutôt foisonnant charrie une qualité : le film laisse à l’imagination la place pour s’installer, et le spectateur peut donc rêver. Tout n’est pas donné directement, au sein de cet univers peint, le public peut tisser des rêves dessus. Et le passage d’une époque à une autre évite aux séquences de durer trop, et donc d’apparaître trop déjà-vues dans ce qu’elles racontent.

Un moment d’animation au climat extrême plutôt convaincant, donc – on est toujours heureux de faire un tour du côté de l’animation peu ordinaire, au sein de la programmation de l’Étrange – pendant l’Étrange Festival 2021 et au sein des salles de projection du Forum des images, à Paris. Si The spine of night, encore une fois, aura sans doute du mal à faire sa sortie en France, du fait de sa violence gore, il donne à s’aventurer dans des contrées plutôt peintes avec talent, et force. Et ce bien qu’il semble imprégné de références, et qu’il sorte à une époque où revient dans les kiosques Metal Hurlant.

 

Visuel : The spine of night © Gorgonaut Reno Productions

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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