Cinema

Rien de personnel : tranches de vie en entreprise

16 septembre 2009 | PAR Pauline

Aidé par une affiche de rêve, le premier film de Mathias Gokalp est une agréable surprise sur le monde des grandes entreprises.

Une soirée de gala organisée par une société pharmaceutique. Cadre formidable, tenue de soirée, champagne, petits-fours. Tout paraît être pour le mieux. Et pourtant, l’on s’aperçoit bien vite que tous ces employés sont loin d’être dans leur état normal. Jean-Pierre Darroussin se met soudainement à manger du verre pillé, Mélanie Doutey s’amuse à le persécuter gratuitement avant une crise de panique et Denis Podalydès est un robin des bois bien zélé…

La soirée est en réalité un exercice de coaching pour les cadres de l’entreprise avant son rachat imminent. Les moins convaincants seront éliminés. Tous les antagonismes se font alors jour, chacun cherche à sauver sa place à tout prix. riendepersonnel-scene_121

Pendant 1h30, les scènes se répètent. Filmé sous différents plans, chaque chapitre est la répétition de la première scène vue sous un autre angle. L’originalité de cette réalisation permet de cerner au mieux les personnalités de chacun, le spectateur comprend qu’il est impossible de se fier à son premier instinct, les personnages ne sont jamais qu’une apparence. Le faible est en réalité le puissant, et le sadique fort de son pouvoir n’est qu’un pion malmené dans une entreprise surhumaine risquant à chaque seconde de perdre sa place.

Ce n’est pas la première fois que la vie en entreprise est portée sur grand écran. Du douteuxCaméra Café au lucchiniesque Riens du tout, les dérives des grands patrons et les rivalités mesquines du personnel ont plus d’une fois été dénoncées. Déjà-vu me diriez-vous alors ? Loin s’en faut. Certes, le happy ending est de mise, les petits auront la peau du salaud de patron et les faux-méchants se transforment en robin des bois au grand coeur mais cette jolie fin laisse tout de même un léger arrière goût d’amertume. Rien de personnel ne nous apprend rien de nouveau, il constate ce que de nombreux salariés vivent, ou du moins redoutent de vivre. Si Jean-Pierre Darroussin est si convaincant en employé rendu malade par son travail c’est parce que cette situation ne nous surprend pas.

Il serait abusif de le résumer à une satire sociale. Tragédie, comédie de moeurs, le mélange des genres est partie intégrante de ce film. Le couple Zabou Breitman-Bouli Lanners permet de mettre un peu de piquant dans ce qui serait sinon Robin des bois contre le méchant Muller.

Lauréat du valois magelis décerné par le jury étudiant du festival du film francophone, Rien de personnel est un premier film prometteur, inquiétant et agréable à la fois.

Rien de personnel de Matthias Gokalp, 1h30, le 16 septembre en salles.

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