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PIFFF au Gaumont Opéra : 6ème et 9ème jours

PIFFF au Gaumont Opéra : 6ème et 9ème jours

25 novembre 2012 | PAR Olivier Handelsman

Le Paris International Fantastic Film Festival suit son paisible cours ethéré, ponctué de hurlements terrifiants et de scènes de violence abominable. Au programme du mercredi 21 novembre : The Butterfly Room (Jonathan Zarantonello) et Universal Soldier : Day of Reckoning. Le 9ème et avant-dernier jour était celui de la présentation des courts-métrages français en compétition.

Une légère déception pour ce 6ème jour : le court-métrage espagnol présenté, « La Cruz » (bien qu’admirablement joué et rythmé), n’avait rien de fantastique : une fille et son père, ne s’étant pas vus durant les quatre ans qui ont séparé le divorce de la majorité de l’enfant, se revoient enfin. La jeune fille doit passer son permis, et son père lui a prêté sa camionnette pour qu’elle la conduise jusqu’en haut d’une colline, en jouant son copilote. La route côtoie un précipice vertigineux, cependant tout se passe sans accrocs ; mais sur le chemin, elle croit voir une femme terrorisée sur sa route, s’arrête brusquement en travers du chemin en hurlant. Un policier arrive pour les verbaliser, mais le père le tue brutalement à coups de marteau. Terrifiée par le vrai visage de son père récemment converti au catholicisme, la jeune fille ignore qu’elle n’a encore rien vu…

Le long-métrage suivant, en compétition, est tout autant versé dans l’horreur et tout aussi peu dans le fantastique, malgré un casting hérité des plus marquants films des deux genres. The Butterfly Room, de Gionata Zarantonello, expose le quotidien d’Ann (Barbara Steele, icône britannique du cinéma d’horreur/fantastique des années 1960), une vieille mégère vivant seule à Los Angeles, passionnée par sa collection de papillons qu’elle garde dans une pièce secrète.

Ann nourrit une haine froide contre le monde entier, effrayant ceux qui croisent son chemin, mais elle se montre rassurante et protectrice envers les petites filles, car elle a perdu la sienne. La première scène nous explique qu’elle se montrait beaucoup trop dure avec elle, et elle reproduit ce schéma auprès de celles qu’elle séduit et garde chez elle pendant qu’elles font leurs devoirs.

Malgré de très bons acteurs, comme Ray Wise (Leland Palmer de Twin Peaks et Fire Walk With Me), Heather Langenkamp (Nancy Thompson de la série des Freddy Krueger), Erica Leehrsen (Massacre à la Tronçonneuse, Blair Witch 2) et bien d’autres, le film met plus mal à l’aise qu’il n’accroche, les différences de jeu entre certaines scènes sont incompréhensibles et les rapports mère-fille sont sous-exploités.

Cependant le jeu de Barbara Steele, au visage indéchiffrable et à la folie meurtrière sournoise correspond parfaitement à l’ambiance à la fois européenne (pour les relations entre les personnages)intimiste et oppressante et américaine de the Butterfly Room.

En revanche, le film suivant a ravi son audience : Universal Soldier : le Jour du Jugement (Day of Reckoning) de John Hyams, le troisième épisode dans la continuité du premier, possède une histoire cohérente et un casting de rêve repris en partie d’Expendables 2. Le premier Universal Soldier (1992) mettait en scène le soldat Luc Deveraux (Jean-Claude Van Damme) et son sergent sans pitié Andrew Scott (Dolph Lundgren) morts lors de la guerre du Vietnam, puis ressuscités et transformés en surhommes avec d’autres soldats, pour former la première unité d’Universal Soldiers, ou UniSols. Capables de se régénérer lorsque confinés dans un compartiment à basse température, ils peuvent être à la fois un énorme atout ou une menace de taille pour la sécurité des États-Unis comme du reste du monde.

Après ce premier opus à la dimension psychologique prenante (si, si), deux téléfilms catastrophiques sans les acteurs phares, un deuxième épisode avec Jean-Claude Van Damme (cette série de films, dans laquelle son fils Kristopher figure ou joue dans chaque épisode, est la seule pour laquelle il ait jamais accepté de jouer dans plus d’un épisode), et Michael Jai White (The Dark Knight, Black Dynamite) sans succès (et complètement ignoré dans les suites), est sorti Universal Soldier : Regeneration, reprenant Van Damme et Lundgren, et introduisant Andrei Arlovsky (champion biélorusse de free-fight) dans le rôle du Next-Generation UniSol. Une suite à la hauteur du premier, où l’on apprend que les UniSols peuvent être recrés à partir d’ADN à l’infini. Van Damme s’en tire une fois de plus, mais l’avenir du monde semble de plus en plus trouble…

Dans Day of Reckoning, le héros est John (Scott Adkins), réveillé en pleine nuit par un groupe de terroristes encagoulés menés par un Luc Deveraux effrayant, cheveux rasés, visage pâle comme la mort, faisant exécuter sa fille et sa femme sous ses yeux après l’avoir mis à terre à coups de pied de biche. Sortant neuf mois plus tard d’un coma l’ayant temporairement handicapé, il ne se souvient de rien d’autre que de l’horrible scène qui a brisé sa vie, et de quelques rares moments passés en famille.

L’agent Gorman du FBI le prie de l’appeler au moindre souvenir lui permettant de retrouver les UniSols qui l’ont attaqué en apparence sans raison. Lorsqu’il rentre chez lui et qu’un ami dont il ne se souvient pas, Isaac, l’appelle en urgence pour le supplier de venir le sauver, il le trouve au milieu d’une mare de sang, battu à mort. Pendant ce temps, un plombier massif et barbu nommé Magnus (Andrei Arlovsky) s’arrête brusquement en plein travail pour aller effectuer la tâche que le gouvernement lui a assigné en tant qu’UniSol : aller exterminer les autres UniSols rebelles sous le commandement de Deveraux et Scott, maintenant alliés. Alors qu’il investit brutalement une maison close (en assassinant le personnel et les UniSols), il est arrêté par Andrew Scott (ou plutôt, un clone, mais doté de la mémoire de ses prédécesseurs), qui le convertit à l’idéologie d’indépendance de Deveraux (cette scène est présentée avec force flashs stroboscopiques, qui reviennent plus loin, attention aux épileptiques).

Une quête de vérité et de violence qui, bien que tournée en 3D, ne sera jamais projetée en salles, et sortira en DVD, Blu-ray et Video On Demand le 23 janvier 2013 (mais au cinéma le 30 novembre aux États-Unis). C’est donc sur vos écrans privés que vous découvrirez peut-être ce déjà film culte  aux combats époustouflants (l’ultra-rapide Scott Adkins n’est jamais en reste) et à l’intrigue très bien amenée, comme une histoire à reconstruire soi-même. Que les fans de la série se rassurent, le tournant apocalyptique tant attendu est proche.

Quant au programme de ce samedi, de vrais bons courts-métrages ont épicé la sélection parfois ennuyeuse ou révulsante, comme Maximilien (de Lewis Eizykman), un conte en cinq actes dont le personnage éponyme, toujours présenté assis dans un lit, heureux ou malheureux, entouré d’objets colorés (tour à tour un mobile, des peluches, des sachets de liquides de nutriments médicaux…), est impuissant face au cours de son existence, loufoque et suicidaire.

Ou encore FOODELLE (de Corentin Quiniou), dans une ambiance tout à fait différente : dans un mur blanc, une porte blanche portant un pictogramme aussi joli qu’étrange s’ouvre sur une femme recevant des aliments aux formes irréelles, pratiquant dans une cuisine à la blancheur immaculée et aux lignes épurées de savants rituels moléculaires et chirurgicaux, aboutissant à la création de chefs-d’œuvre d’esthétique, mais peu appétissants. Le maquillage, les costumes et la cuisine rappellent le restaurant Kong (dont le design est dû à Philippe Starck). Et puis le déridant Spaghetti Man (d’Ève Dufaud) rappelle qu’il faut toujours verser la sauce tomate sur les pâtes et non l’inverse, qui pourrait conduire à l’arrivée d’un délicieux monstre dans votre cuisine.

Mais le meilleur court-métrage de cette sélection est probablement Nostalgic Z (de Karl Bouteiller, sans surprise le plus expérimenté des réalisateurs présents), un film de zombies post-apocalyptique dans la droite lignée de Shaun of the Dead et Zombieland, où deux rescapés (un vétéran du Vietnam et un jeune cinéaste) d’une invasion mondiale de zombies réalisent des vidéos montrant comment se débarrasser des répugnants mais inoffensifs une fois attachés morts-vivants.

Cela est dû au grand attachement que les zombies gardent à leurs activités pre-mortem, professionnelles comme personnelles. Par exemple, le zombie prolo sera facilement attiré par un barbecue laissé innocemment sous le vent, mais un zombie nazi, assassin ou banquier donnera plus de fil à retordre à ses chasseurs. Drôle, aux dialogues et au scénario bien ficelés, critique et appréciable même par un spectateur capitaliste et libéral, Nostalgic Z a donné à cette projection un souffle humoristique et entraînant.

Ce dimanche, ne ratez pas Horror Stories et Silent Hill 2 : Revelation en 3D (avec Cate Blanchett et Malcolm McDowell d’Orange Mécanique, et où reviendront Sean Bean, Radha Mitchell et Deborah Kara unger) avec une animation inattendue reprenant des personnages du jeu vidéo et du film !


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Olivier Handelsman
Olivier Handelsman est étudiant en master de management à Grenoble École de Management, et étudie en échange à la Simon Fraser University de Vancouver (Colombie-Britannique, Canada) au second semestre 2013-2014. Licencié de Sciences Économiques à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, Olivier est intéressé par la micro-économie, l'entrepreneuriat, le management stratégique, de l'innovation, de la musique, des systèmes d'information et des nouvelles technologies. Olivier Handelsman a été scénariste de courts et longs-métrages en machinima (images de synthèse issues de jeux vidéo), et a une expérience professionnelle de pigiste dans différents médias tels que le journal Le Point (hors-série Références), PC Jeux et Millenium Source, ainsi que d'auditeur de service client, de programmeur Visual Basic et de démonstrateur produit.

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