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« Un peuple et son roi » : immersion au cœur de la Révolution française

« Un peuple et son roi » : immersion au cœur de la Révolution française

27 septembre 2018 | PAR Solene Paillot

Avec son troisième long métrage, »Un peuple et son roi », en salle ce mercredi 26 septembre, Pierre Schoeller nous offre le récit méticuleux et réaliste de la Révolution française, de la prise de la Bastille à la mort de Louis XVI.

Après « Versailles » et « l’Exercice de l’Etat« , Pierre Schœller signe une fresque ambitieuse sur la Révolution française avec « Un peuple et son roi ». Dans son nouveau film, le réalisateur mêle l’ancien et le moderne et nous offre une lecture conforme à la vision et l’esprit de 1789, de l’origine du soulèvement aux prémices de la démocratie. Le film débute avec la scène symbolique de la cérémonie du lavement des pieds d’enfants pauvres du Jeudi saint par le roi Louis XVI. Sagement assis dans le décor majestueux du château de Versailles, un enfant lève la tête et vient rompre la solennité du Mandé royal en adressant ces mots au souverain : « Bientôt j’aurai des sabots ! ». Un moment fort qui préfigure les événements à venir, de la prise de la Bastille à la passation de pouvoir qui s’achève en 1793 avec l’exécution de Louis XVI.

Un récit authentique

Dans Un peuple et son roi, Pierre Schœller fait le choix de nous raconter une histoire chapitrée, presque chronologique, à la manière d’une leçon d’histoire. La trame, loin d’être soporifique, prend vie à travers les Parisiens du faubourg Saint-Antoine – le maître verrier (Olivier Gourmet) et sa femme Solange (Noémie Lvovsky), les deux lavandières et révolutionnaires Françoise et Margot (Adèle Haenel et Izïa Higelin) et Basile l’indigent (Gaspard Ulliel) – et de leur rencontre avec les figures historiques de l’époque – Marat, Robespierre, Danton – lors des débats à l’Assemblée constituante. La Révolution est retranscrite à l’identique dans un décor sans artifice, parfois austère, et toujours à hauteur d’hommes. Pour créer un contraste avec ces plans parfois sévères, Schœller invite la lumière à s’intégrer de manière imposante à l’image de la scène de la démolition de la Bastille, pierre par pierre, qui fait renaitre le soleil dans les rues trop longtemps enfermées dans l’obscurité. La beauté et le surgissement de la clarté sont les paraboles des bouleversements en cours, de la montée du désir de liberté et de justice, de l’abolition de la monarchie et, l’ensemble vient faire écho à l’actualité d’aujourd’hui. Mais surtout, Pierre Schœller nous révèle une vision nouvelle de la Révolution en insistant sur le rôle décisif des femmes à cette époque et, arrive à inscrire ce soulèvement dans la durée sans en faire un résumé en quelques dates. Une manière de venir nous rappeler que le chemin vers la République fut long et périlleux.

Visuels : ©affiche officielle

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