Théâtre

Entretien avec Tony Saint-Laurent, espoir du stand-up français

Entretien avec Tony Saint-Laurent, espoir du stand-up français

27 septembre 2018 | PAR Sarah Dray

Chaque semaine, du mercredi au samedi, Tony Saint Laurent monte sur la scène mythique du Point-Virgule à Paris. Pendant une heure, il nous fait rire en nous racontant sa vie de manière sincère, spontanée et surprenante. A chaque punchline, Tony nous ouvre son cœur et les portes de son univers. Après le spectacle, il a accepté de nous recevoir dans sa loge où nous avons pu lui poser quelques questions. Il y a répondu avec l’humour qui le caractérise.

Comment êtes-vous venu à l’humour et comment avez-vous décidé d’en faire votre métier ?

À la base je suis mannequin international mais j’en avais marre que les gens ne s’intéressent à moi que pour mon physique de rêve…. (rires) Puis un jour je me suis dit que je devais monter sur scène, que j’avais des histoires à raconter et que les gens allaient rire…beaucoup rire.

Dans votre spectacle vous faites des blagues qui sont liées au racisme, à l’homophobie… est ce voulu d’apporter du fond à votre spectacle ?

C’est un spectacle qui est très autobiographique, je me suis inspiré de ma propre vie, et notamment de mes stories Instagram où je filme des gens dans la vraie vie (je vous invite à suivre mon compte : @tony_st_laurent , pour tout abonnement vous aurez une PlayStation offerte). Après je passe de sujet sérieux, comme la disparition de mon père, au vernis à ongles des filles qui sont mal entretenus.

Qu’est-ce que vous faites avant de monter sur scène ?

Je cherche à ne pas être seul, donc  j’envoie des WhatsApp à tous mes potes, un peu comme un mec qui envoie à trois heures du mat à sa meuf un « tu dors ? »….. Le problème c’est qu’en loge avant de monter sur scène je n’ai pas de limite en grattage d’amitié, je textote avec mon banquier, ma boulangère, mon électricien, des numéros que je compose au hasard…

Dans la vie, est ce qu’il y a des choses qui ne vous font pas rire ?

Mon ex et son nouveau mec … Mais, j’ai un coté très positif dans ma vie qui fait que tout ce qui est négatif je le dégage, je next instantanément.

D’où vous vient cette passion pour les pieds ? (il en parle dans son spectacle et beaucoup sur son compte Instagram)

je crois qu’il va falloir que je consulte (rires). Je le redis mais je fais énormément de stories sur Instagram, j’invite encore une fois tous les lecteurs de Toute La Culture à me suivre. Les pieds c’est un de mes fils rouges, ce qui me pose problème c’est quand le vernis est mal mis. Mais je ne sais pas trop d’où ça vient, peut-être des coloriages, j’aimais bien que tout soit parfait et que rien ne dépasse. Ça me stress quand ça déborde ou quand c’est mal fait… d’ailleurs, je lance un message a toutes les filles, s’il vous plait, quand le vernis est mal fait : « non aux spartiates ! »

Comment le public vous connait et vient vous voir sur scène ?

Quand je sors après le spectacle faire des photos avec le public, je leur pose la question et il y a trois provenances. Un tiers vient parce qu’ils m’ont vu à la télé notamment chez Arthur dans Vendredi tout est permis, un tiers par le bouche à oreille, et un tiers car ils ont vu mon physique de rêve sur Insta et ont ri à mes stories.

Vous n’avez pas de lassitude de jouer le même spectacle à chaque fois ?

Non parce qu’au départ je voulais vraiment jouer au Point-Virgule, c’est vraiment une salle mythique. Florence Foresti et Eli Kakou ont explosé ici. C’est comme si c’était un rêve qui se concrétisait. Je suis tellement content que je ne m’en lasse pas. Je joue quatre fois par semaine et les trois autres soirs de la semaine, je rode devant le Point-Virgule au cas où un comédien est malade et que je dois le remplacer…

Vous improvisez parfois ou tout est écrit ?

Non j’improvise peu, tout est écrit. Les gens ont l’impression que c’est facile mais tout est réglé, c’est limite si je ne sais pas à quel moment je vais prendre ma respiration, à quel moment je vais faire un pas à droite. Avec le travail, beaucoup de choses deviennent intuitives et naturelles mais au final, c’est extrêmement cadré. Mais je sais que j’ai encore une marge de progression dans le spectacle, je souhaite encore le perfectionner.

Quelles sont vos inspirations chez les humoristes ?

J’ai la chance que les gens qui m’ont donné envie de faire ce métier soient venus me voir sur scène : Gad Elmaleh, Florence Foresti… d’entendre leur rire dans la salle, c’est fou. Par moment, j’avais envie de m’arrêter de jouer et de leur dire : « je suis fan, j’ai trop regardé tes DVD », « coucou Florence j’adore l’avion de Barbie », «  hey Gad, Bryan is in the kitchen ». C’est eux mon inspiration, et je crois qu’on a la chance d’avoir grandi avec les génies de l’humour : Eric et Ramzy, Gad Elmaleh, Jamel Debbouze, Florence Foresti, Franck Dubosc, c’est vraiment des génies de l’humour. On réalisera plus tard la chance qu’on a eu d’avoir grandi avec eux.

Visuel :Affiche

« Un peuple et son roi » : immersion au cœur de la Révolution française
Love me tender, Guillaume Vincent met les couples en miroir au Théâtre des Bouffes du Nord
Sarah Dray

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *