Cinema
Mon pote: Magimel et Baer, dans une comédie dramatique bisounours

Mon pote: Magimel et Baer, dans une comédie dramatique bisounours

09 décembre 2010 | PAR Gilles Herail

Mon pote est à l’affiche en salles depuis ce mercredi. Une comédie dramatique à peine sauvée par le capital sympathie de ses acteurs. Après les deux Cœur des hommes, Marc Esposito gagnerait à se remettre en question. La critique.

Exceptée une parenthèse romantique (Toute la beauté du monde), le cinéaste Marc Esposito s’est spécialisé dans le film de potes et l’étude de l’amitié masculine. Pour son nouveau long métrage, les distributeurs ont joué la carte de la transparence avec un titre on ne peut plus clair (Mon pote) et une affiche insipide (un gros plan sur deux amis qui se regardent, avec une jolie tour Eiffel en fond). Le film est à l’image de sa promotion, attendu et anodin.

Il y avait pourtant matière à fouiller le pitch, inspiré du vécu du réalisateur. Le pari d’un directeur de magazine automobile qui décide d’embaucher un taulard pour lui permettre de sortir de prison était une très bonne idée de départ pour parler d’une amitié improbable mais aussi de toutes les complications s’ensuivant. On ne peut pas reprocher à un conte de s’éloigner de la réalité pour raconter une histoire merveilleuse (voirLes émotifs anonymes). Mon pote n’a absolument pas cette ambition là. Esposito inscrit au contraire son récit dans une atmosphère réaliste mais truffe son récit d’incohérences scénaristiques qui empêchent l’adhésion du spectateur et la crédibilité de l’histoire.

Les premiers plans annoncent la platitude et la paresse de la réalisation et du scénario qui vont s’embourber de plus en plus pendant 1h30. Pas d’idées dans les plans, une musique de trois accords, mielleuse à souhait, répétée en fond sonore sur la quasi totalité des scènes. La gentille caméra filme sa gentille histoire sans se poser de questions. Une seule scène, surprenante, de poursuite en voiture dans Paris amène une nervosité bienvenue qui réussit très bien au film et permet de faire évoluer un minimum les personnages. L’interprétation est heureusement au diapason. Magimel aime ses rôles de truands durs qui cachent un bon fond. C’est surtout le numéro d’Edouard Baer et son phrasé inimitable qui porte le film. Leur duo fonctionne très bien et certains dialogues font mouche. C’est le moins que l’on puisse demander.

Les bons sentiments et la naïveté ne sont pas une tare en soi. La mauvaise idée du film est d’ancrer cette niaiserie permanente dans un contexte socialement et humainement très chargé. La décontraction avec laquelle Esposito traite la rechute de l’ex taulard et le soit disant fun que le personnage d’Edouard Baer éprouve en s’encanaillant dans un braquage sont désolants. A l’arrivée, tout le monde est pétri de bonnes intentions. Magimel fait son dernier braquage pour aider son nouvel ami. Baer ne le juge pas car il sait que son ami voulait acheter un petit pavillon et tailler ses rosiers. Tout le monde rentre dans le droit chemin et tout est oublié.

Mon pote est donc un mauvais film qui tire le pire d’une histoire pourtant passionnante. La projection n’est bien évidemment pas désagréable mais la mollesse de l’ensemble déprime. Pour un peu plus de peps, nous vous conseillons plutôt Le nom des gensqui se révèle (malgré ses défauts) beaucoup plus sympathique, innovant dans son approche et surtout dans la variété des thèmes abordés.

Gilles Hérail

Mon pote, une comédie dramatique française de Marc Esposito avec Benoît Magimel et Edouard Baer, 1h30, sortie le 1er décembre 2010.

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