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Mineur 27 : Un polar d’un genre nouveau ( en salles le 21 septembre)

Mineur 27 : Un polar d’un genre nouveau ( en salles le 21 septembre)

14 septembre 2011 | PAR La Rédaction

Vincent Descharnes est un flic ordinaire, mais il y a 10 ans, il s’est rendu coupable d’un crime qu’il a fait classer sans suite. Deux adolescents, Wilson et Stan sont tous deux amoureux de Déborah hormis que le premier vit avec elle une véritable histoire d’amour tandis que le second ne fait que la fantasmer. Les deux se souviennent d’un traumatisme d’enfance commun mais Stan veut parler alors que Wilson veut se taire. De cette opposition naîtra un terrible enchaînement de circonstances.

Si l’on peut reprocher au scénario de se perdre dans les méandres d’une histoire complexifiée, en revanche c’est bien l’épuration de sa mise en scène qui en fait un thriller à la forme intéressante. Filmé caméra à l’épaule, en close up, l’importance donnée aux personnages est exacerbée mais sans pour autant tomber dans le bavardage inutile. Tous les mots prononcés le sont utilement, un psychothérapeute a d’ailleurs participé à l’écriture du scénario pour accroître la vraisemblance de ces adolescents en souffrance.

Les codes du polar sont détournés à l’extrême, le concept de personnage principal n’existant pas, et la mise en scène désemparant le spectateur qui s’accroche aux quelques éléments disséminés qui lui permettent de comprendre l’histoire. La romance côtoie volontiers le thriller pour s’offrir des détours du côté du drame lorsque notamment Wilson se confie à sa mère dans l’une des dernières scènes du film. Les rôles sont vraiment incarnés par les jeunes comédiens, le ton est juste, on se contente du minimum. La sobriété fait inévitablement penser au cinéma japonais, l’atmosphère générale étant néanmoins haletante. La musique de Bot’ox est véritablement évocatrice de l’action, du rythme.

Le montage de ce film kaléidoscope peut sembler désordonné mais il s’agit là d’un effet parfaitement maîtrisé. Les scènes de sexe sont tendres et évoquent un véritable désir consenti, l’innommable n’est qu’évoqué : les photos compromettantes sont filmées de loin, accentuant ainsi l’effet de tabou recherché. C’est un film construit, véritablement fabriqué de toutes pièces et pensé, une rareté. À voir pour tous ceux qui espèrent encore que le cinéma a quelque chose à inventer.

Camille Lafrance

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La Rédaction

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