Cinema

Même la pluie : merveilleux cinéma hispanique

Même la pluie : merveilleux cinéma hispanique

16 décembre 2010 | PAR Geraldine Pioud

« Même la pluie » confirme la tendance : le cinéma espagnol est actuellement le plus productif et le plus innovant d’Europe, tant en terme esthétique que narratif (talonné depuis peu par le cinéma des pays nordiques, Suède, Finlande, Norvège and co.).

Sélectionné par l’Espagne pour l’Oscar du meilleur film étranger, Même la pluie est une mise en abyme habile qui questionne le 7e art sur ses propres engagements. Sebastian (Gael García Bernal, que l’on a vu dans La mauvaise éducation de Pedro Almodovar), le réalisateur, et Costa (Luis Tosar, Goya du meilleur acteur en 2010 pour son rôle dans l’excellent Cellule 211 de Daniel Monzon), le producteur, se réjouissent de pouvoir employer des figurants à moindre coût sur le lieu de tournage, la Bolivie. Sauf que l’histoire du film sera dépassée par la réalité économique : la population se bat pour éviter la privatisation de l’accès à l’eau courante, qui serait la mort annoncée des plus démunis. Entraînés malgré eux dans cette révolution (un des principaux figurants est aussi le leader de cette lutte), ils devront remettre leurs ambitions personnelles et professionnelles en question. Les propos du film qu’il tourne peuvent-ils être en inéquation avec la réalité?

Réalisé par une femme, Icíar Bollaín, Même la pluie est un film qui ose et assume sa portée politico-culturelle! Emmenée par des acteurs incroyables, à la fois révoltés, émouvants et solidaires, la mise en scène se charge de ces instants électriques qui n’existent que face à l’Histoire. La dynamique du tout filmique ne se joue que dans le collectif, dans la cohésion, dans l’esprit de groupe. Chaque individualité est le reflet de nos absences et de nos présences, confrontée au désarroi de cet autre, miroir de nos alouettes et de nos mensonges. Même la pluie ne se voile pas la face : l’exploitation existe aussi au cinéma, les beaux discours sur la solidarité entre les peuples ne peuvent s’arrêter aux mots, car pour être vraiment aussi engagés qu’ils le prétendent, ils doivent s’accompagner d’actes. Les paroles s’envolent, meurent et s’oublient, alors que les choix, les vraies décisions qui mettent en danger l’individu en faveur d’une idéologie, celles-là restent gravées dans le marbre.

Le résultat est un cinéma vibrant, intense, vivant. Un cinéma audacieux (n’est-ce pas cela le prix du bonheur?). C’est ainsi que la réalisatrice s’est tourné vers une narration ambiguë : entre le film et le tournage qui est raconté dans ce film, les prises de vues ne font pas grande différence. À très peu d’occasions l’équipe de tournage « fictive » est dévoilée, alors que les images du film « fictif » se fondent avec celles du film. Icíar Bollaín se moque de l’art du réel et joue avec lui. La réalité filmique dépasse la fiction. La réalité, finalement, est toujours bien au-delà de la fiction. Mais il est important de se le rappeler.

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MÊME LA PLUIE : BANDE-ANNONCE VOST HD
envoyé par baryla. – Les dernières bandes annonces en ligne.

Même la pluie (También la lluvia) , de Icíar Bollaín, avec Gael García Bernal, Luis Tosar, Carlos Aduviri
France, Mexique, Espagne. 1h43. Drame historique
En salles le 5 janvier 2011

Infos pratiques

Pete Doherty, amant de Charlotte Gainsbourg au cinéma
Gagnez 10×2 places pour Même la pluie (en salles le 5 janvier 2011)
Geraldine Pioud

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