Cinema

Lullaby, deuil, jazz, amour : un film réconfortant et séduisant

20 novembre 2010 | PAR Olivia Leboyer

Un musicien de jazz perd la femme de sa vie et le goût de vivre. Une rencontre insolite avec une jeune femme au comportement bizarre va le sortir de sa torpeur. Rupert Friend et Clémence Poesy forment le couple très glamour de ce premier film, où la musique joue un rôle central. Sortie le 1er décembre.

affiche lullaby

Sam (Rupert Friend) ne vit pas vraiment dans la réalité. Libraire la journée, musicien de jazz la nuit, il occupe ses moments perdus en regardant, inlassablement, son film préféré, Certains l’aiment chaud. Précisément, les deux femmes dont il tombera amoureux feront irruption dans sa vie (et dans sa chambre d’hôtel) exactement de la même manière. Amoureux des répétitions, des motifs, dans le jazz comme dans la vie, Sam est sensible aux rencontres fortuites, aux hasards et coïncidences. L’amour, il l’avait trouvé : le générique déroule les images de son bonheur vibrant avec Joséphine. Le plan suivant nous montre Sam accoudé à un bar, l’œil éteint. Joséphine est morte, et il se traîne depuis un an, incapable de remonter sur scène. Pour sentir la présence de Joséphine, il revient souvent dormir dans la chambre d’hôtel où ils se sont rencontrés. Le patron, George (Forest Whitaker, excellent !), devenu un ami, s’inquiète pour lui. Une nuit, alors que Sam regarde pour la énième fois Certains l’aiment chaud, une jeune femme en pleurs (Clémence Poesy) traverse sa chambre en courant et s’enferme dans sa salle de bain. Elle s’appelle Pi (comme le nombre !), et une étrange relation va se développer entre eux à travers la porte fermée…

Lullaby ne recherche pas particulièrement la vraisemblance ou le réalisme, et c’est tant mieux. Tout paraît, a priori, un peu too much dans cette histoire de renaissance amoureuse imprégnée de jazz et de poésie. Mais, curieusement, l’ensemble fonctionne bien. Rupert Friend a quelque chose de cassé dans les yeux, qui rend son personnage crédible et très touchant. Clémence Poesy, dans un rôle peu évident de fille excentrique et perdue, a elle aussi une panique dans l’œil qui fait échapper Pi au simple cliché. Le réalisateur, Benoît Philippon, n’a pas peur du romantisme, des références (Billy Wilder, Capra, les grands classiques du jazz), et cette sincérité est communicative. Doucement, comme dans une berceuse (lullaby !), Sam et Pi vont s’apprivoiser, s’attacher l’un à l’autre et redevenir capables de vivre, d’aimer et, surtout, de créer. Car le vrai charme de Lullaby vient de la musique de jazz (à noter : une apparition amicale de Charlie Winston !), qui enveloppe chaudement l’histoire d’amour pour mieux la faire éclore. Sur le même thème (comment réapprendre à aimer après la perte d’un être cher), le film fait penser à My Blueberry Nights de Wong Kar-Wai (avec Norah Jones et Jude Law, autre couple très séduisant). La tarte aux myrtilles est ici remplacée par le jazz, mais Lullaby est presque aussi appétissant!


Bande-Annonce Lullaby
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Lullaby, de Benoît Philippon , avec Rupert Friend, Clémence Poesy, Forest Whitaker.
France. 1h42. Comédie, romance
En salles le 1er décembre.

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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