Cinema

L’oiseau : un court-métrage d’animation couleur charbon

L’oiseau : un court-métrage d’animation couleur charbon

18 mai 2015 | PAR Flora Vandenesch

Le parti pris visuel du film est frappant. Puisant dans une identité forte et personnelle, les dessins reflètent les lignes d’un scénario plutôt sombre. Réalisé par Laetitia Courset, le court-métrage l’Oiseau développe une certaine idée de l’urbanisme, avec la construction d’un bidonville qui s’étend et finit par recouvrir l’ancienne ville. Pour réaliser ce projet, plus d’une vingtaine d’étudiants et de professionnels vont collaborer de juillet à décembre prochain. Produit par les films du Pingouin, l’Oiseau prendra bientôt son envol, grâce au site de financement participatif Ulule.

Test d’animation – L’Oiseau from Les films du pingouin on Vimeo.

Le court-métrage s’inscrit au coeur du cinéma d’animation comme nous l’imaginons : une intersection entre des techniques traditionnelles et des outils modernes pour créer de nouvelles manières de raconter des histoires. Le pitch donne tout de suite le ton. Le rideau s’ouvre sur un futur sombre aux allures de fin du monde. La terre s’est éteinte, son coeur est devenu un morceau de charbon dur. Sur cette planète terne faune et flore ont disparu et ont été oubliées. Elles ont laissé place à des villes ouvrières sans fin où les humains tentent de survivre en exploitant la houille. Dans le ciel d’un ghetto en bord de mer, une mouette fait son apparition.

A l’initiative du projet, Laetitia Courset est étudiante décoratrice à La Fémis. Après des études de design à l’Ecole Boulle, elle a fait le choix de bâtir des univers imaginaires. Elle collabore avec Lambert David, étudiant en architecture à l’école nationale des arts décoratifs à Paris. Ensemble, ils imaginent l’univers décadent qui s’impose peu à peu dans l’Oiseau. Porté par un environnement mixte, il se compose de prises de vue réelles de maquettes et d’éléments animés en stop-motion. Intégrés à cet environnement, les personnages sont dessinés au fusain et pastel. La maquette, fabriquée avant l’histoire, a été pensée comme une sculpture et s’est montée petit à petit, au fil du glanage de différents matériaux. Les volumes et l’organisation spatiale sont pensés pour accueillir l’histoire et être filmés, les textures et les matières sont là pour générer une ambiance, un contexte social.

Sur les typologies architecturales classiques, des baraques faites de bric et de broc s’implantent et prennent leur place. Des disparités architecturales entre l’ancien et le nouveau qui restent bien visibles. Totalement assumées, elles racontent l’histoire de cette humanité en décrépitude.

Visuels : maquette du court métrage lOiseau sur Ulule

Le roi du blues B.B. King a tiré sa réverrence
« La Barbe Ensanglantée » de Daniel Galera: un délice doux-amer
Flora Vandenesch

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *