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[Live Report] Arras Jour 2 : la surprise Cigarettes et chocolat chaud

[Live Report] Arras Jour 2 : la surprise Cigarettes et chocolat chaud

10 novembre 2016 | PAR Hugo Saadi

Avant de passer le relais à un autre rédacteur de Toute la Culture, j’ai de nouveau chauffer les fauteuils des salles de cinéma du Cinémovida d’Arras à quatre reprises pour une dernière journée de qualité.

Elle a commencé en Turquie avec Abluka, de Emin Alper. Un film qui se déroule à Istanbul dans un futur proche et où le spectateur est rapidement mis sous tension par le contexte tendu des événements qu’y déroule. De nombreux attentats meurtriers frappent le pays qui passe en alerte maximale : barrages policiers, contrôle des papiers etc. « Maintenant les gens craignent pour leur vie, les choses ont bien changé en 20 ans » déclare Kadir, un prisonnier qui bénéficie d’une libération anticipée. Une libération qui rime avec contrat secret entre lui et la police afin de l’aider à retrouver les terroristes. Le voilà donc envoyer dans un petit village à fouiller les poubelles et retracer les poseurs de bombes.

Sur place, il retrouve son frère, qu’il n’avait pas vu depuis son entrée en prison. Et la pression imposée par les hauts dirigeants vont faire perdre la tête aux deux frères. Il ne sont pas les seuls à être perdu, nous aussi. Le réalisateur turc réussi son coup en brouillant les pistes au point de ne plus saisir ce qui est réel ou non et la narration déstructurée y est pour beaucoup. Il ne faut pas négliger le fait que le film a été tourné avant la tentative de coup d’État et la reprise en main du pouvoir par Erdogan, mais les faits mis en scène dans Abluka collent d’une manière troublante à l’actualité (le réalisateur n’a d’ailleurs pas reçu de visa pour se rendre au festival) Un portrait prémonitoire d’une société où la paranoïa est partout. On en ressort oppressé et secoué par le final qui s’accélère soudainement. Le film est à découvrir dans les salles à partir du 23 novembre.

[rating=3]

De retour dans la rétrospective de la guerre d’Espagne avec Ay, Carmela de 1990 du célèbre réalisateur Carlos Saura. On y retrouve la superbe Carmen Maura, dansant dans une troupe d’artistes en 1938 qui se retrouvent par hasard dans le camp ennemi. Avec son mari, Paulino (Andres Pajares), ils doivent dès lors, danser à contre-cœur et contre leur cause, pour rester en vie.. Un film poignant qui offre son lot de surprise à en faire frémir le spectateur jusqu’à la dernière minute.

[rating=4]

La soirée s’est continuée en compagnie de Jérémie Elkaïm avec Dans la forêt. Le film de Gilles Marchand décontenance rapidement. Il faut dire que la foret suédoise où le père amène ses deux enfants pour une sorte de randonnée n’a rien de très rassurant. Le réalisateur français distille rapidement des petites touches de surnaturel et pose un décor inquiétant par de simples actions, des regards, des petits jeux. Une grande mise sous tension qui passe aussi par une bande son où l’orgue et le violon dominent. On retrouve là tout le talent de Gilles Marchand, scénariste de Harry, un ami qui vous veut du bien, où quand la tension amène à la folie. La foret, élément central du film, se compare aisément à celle des slasher américains lorsque le lieu devient le terrain de chasse d’un fou. Dans la forêt est donc un film de genre qui dérange grâce à un traitement original et mali où le mystérieux et le fantastique cohabitent avec le drame familial. Seul ombre au tableau : un atterrissage un peu difficile et qui traine en longueur dans sa dernière partie.

[rating=3]

Enfin, dans un registre plus agréable, Cigarettes et chocolat chaud de Sophie Reine. La simple présence de Gustave Kerven au casting annonce la couleur de ce film haut en couleur et très drôle. Après Dans la foret, c’est au tour de Denis, le père de deux jeunes filles de se retrouver dans une situation délicate. Confronté à un contrôle d’une assistance sociale, il est dans l’obligation de suivre un stage de responsabilité parentale. Un premier long-métrage très drôle et touchant. Cigarette et chocolat chaud respire la sincérité et ne tombe jamais dans la standardisation des comédies dramatique françaises. Il est ingénieux et que l’on avait jamais vu. Une jolie romance, Le film est bourré de détails à la mise en scène ingénieuse. Une belle bouffée d’air frais dans la comédie française qui arrive également à traiter de nombreuses thématiques comme la mort, l’handicap, et la précarité. Une belle surprise où on passe facilement du rire aux larmes et où Gustave Kerven dévoile une face de sa personnalité en donnant la réplique à une Camille Cottin méconnaissable. Une belle surprise à découvrir dès le 14 décembre.

[rating=4]

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