Cinema

L’homme qui voulait vivre sa vie : un résultat mitigé

L’homme qui voulait vivre sa vie : un résultat mitigé

28 octobre 2010 | PAR Geraldine Pioud

« L’homme qui voulait vivre sa vie » n’arrive pas à s’émanciper du roman éponyme de Douglas Kennedy (paru en France en 1998) dont il est l’adaptation. Personne n’a dit qu’il était facile de mettre les mots en images!

Paul Exben (Romain Duris) a en apparence une vie proche de la perfection. Sauf qu’un jour il va découvrir (pas tout à fait par hasard) ce qu’il supposait, et que cette douleur insupportable (le goût de la trahison) lui fera commettre l’irréparable. Au lieu de se laisser aller aux confidences, Paul se saisira de ce coup du sort pour tout changer dans son existence : nom, femme, enfant, rien ne sera plus comme avant, car aux yeux de tous Paul n’est plus…

Rarement un film n’avait donné une impression si contrastée! La mise en scène est parfois laborieuse car trop souvent ultra explicative, ne laissant quasiment aucune place au suspense et à l’imagination. On arrive alors à de grosses lourdeurs narratives, et donc à des moments d’ennui. D’où le sentiment d’un cadrage le plus souvent approximatif, cherchant sans cesse à dévoiler des indices là où il en a déjà trop! D’un autre côté il faut saluer la performance des comédiens qui arrivent à gérer avec beaucoup d’intelligence l’aspect « personnages comme tout le monde qui peuvent basculer du jour au lendemain » : l’idée que quiconque puisse avoir des aspirations secrètes est parfaitement bien mise en perspective. Cela se retrouve dans les décors, bien choisis, qui établissent la distinction entre deux époques de vies. La métamorphose est d’autant plus flagrante que la structure du film appuie ce changement. À noter : une chute qui ouvre le champ de possibles et permet au spectateur d’imaginer tout et son contraire. Une conclusion intelligente qui laisse une note d’ensemble positivement nuancée!

L’homme qui voulait vivre sa vie, d’Eric Lartigau, avec Romain Duris, Marina Foïs, Catherine Deneuve, Niels Arestrup, Eric Ruf
France. 1h55. Thriller, drame
En salles le 3 novembre 2010

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