Cinema

L’étrange histoire de Benjamin Button : comment Fitzgerald dépasse ses propres regrets

02 février 2009 | PAR marie

 buttonAvant d’être un film, L’Etrange histoire de Benjamin Button est un livre, une nouvelle de Francis Scott Fitzgerald. A l’origine de cette histoire, une phrase de Mark Twain, autre grand auteur américain, écrite dans les années 1920 :

« La vie serait bien plus heureuse si nous naissions à 80 ans et nous approchions graduellement de nos 18 ans« . S’en suivit L’Etrange histoire de Benjamin Button. 1860. nord Est des Etats-Unis. Roger Button accoure à la maternité. Sa femme vient d’accoucher. Horreur : il trouve dans le berceau un vieillard. D’abord interloqué, stupéfait, M. Button se refuse à accepter l’aspect de son fils. Il commence par l’appeler « Bébé », se demande si Mathusalem (personne la plus âgée de l’Ancien Testament) ne convient pas mieux puis finit, après quelques jours, finit par s’arrêter sur « Benjamin ». Si Benjamin a un corps de vieillard, sait parler et se déplace sans problème (mais voûté), il n’a pour autant pas encore l’expérience d’un Monsieur de 70 ans : il n’a pas encore vécu.

F. S  Fitzgerald ne s’étale pas trop sur la psychologie de son personnage, la nouvelle n’est pas écrite du point de vue de Benjamin mais d’un narrateur omniscient qui, nouvelle oblige, esquisse les portraits plutôt qu’il ne les brosse précisément. Pour la première fois, l’écrivain adopte le genre fantastique. Les faits extravagants se déroulent dans un décor tout à fait réaliste, celui des Etats-Unis de la 2e moitié du XIXème siècle : la fin de la guerre de Sécession, le développement industriel des Etats-Unis, la guerre hispano-américaine de 1968, etc. sont mentionnés. En filigrane de l’histoire de Benjamin (et de celles des Etats-Unis), c’est aussi certains pans de sa propre vie que l’écrivain évoque.

Né en 1896 dans le Minnesota, Fitzgerald entra, malgré ses origines modestes, à l’Université de Princeton. Il y découvrit un monde aisé, qui le fascina, en même temps qu’il s’y sentit rejeté (comme Benjamin, figure de l’étranger par excellence). Il gardera de son séjour à l’Université deux regrets : celui de ne pas avoir pu jouer dans l’équipe de football (Fitzgerald n’était guère athlétique) et que la Première geurre mondiale se soit terminé trop tôt : l’étudiant n’a pu s’y enrôler.

Benjamin vit à peu près les mêmes déceptions : lors de sa dernière année à l’université, il est exclu de l’équipe de football : il est trop frêle, trop amaigri. Quelques pages plus tard, Benjamin cherche à s’engager du côté des Alliés. Vétéran de la guerre franco-américaine, il présente fièrement son brevet de général de brigade au camp militaire. Mais vu son allure de gamin de quinze ans, le colonel ne le laisse pas entrer… Sur ces deux points Benjamin ressemble à Fitzgerald, à la différence que le premier, qui vit à l’envers, a eu la chance d’avoir déjà vécu ces expériences au préalable. Pour Fitzgerald, il était définitivement trop tard…. Il se consacre donc à l’écriture.

L’étrange histoire de Benjamin Button, de F.S Fitzgerald, suivi de La lie du bonheur. Folio, 2 euros, 103 p. (la 1ere nouvelle ne fait qu’une 50taine de pages).

Voici la bande-annonce du film de David Finger, qui sort le 4 février sur les écrans. La Boîte à sortie attend vos commentaires sur l’adaptation de la nouvelle de Fitzgerald : le film, le livre ou le deux ? 

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marie

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