Cinema
Les Mains Armées d’un père et de sa fille selon Pierre Jolivet

Les Mains Armées d’un père et de sa fille selon Pierre Jolivet

10 juillet 2012 | PAR Fairouz Guedouar

Pierre Jolivet signe cette année un polar avec Roschdy Zem et Leila Bekhti, que vous retrouverez dans les rôles d’un père et d’une fille, dont la relation compliquée va se mêler à une enquête policière.

Pitch: Lucas a 46 ans. Un grand flic, patron au trafic d’armes à Marseille. Maya a 25 ans. Elle est jeune flic aux stups, à Paris. Comme souvent, les armes croisent la drogue. Et Lucas va croiser Maya. Pas forcément par hasard. Flag, braquage, indics… leurs enquêtes vont s’entremêler. Leurs vies aussi. Parce que leur histoire a commencé bien longtemps avant leur rencontre…

Pierre Jolivet met en lumière à travers ce polar le rapprochement entre un père et sa fille, qui ne se connaissent pas. Chacun a très mal vécu cette absence. Maya, interprétée par Leïla Bekhti, a beaucoup de rancœur envers ce père qu’elle n’a vu qu’une fois et qui a abandonné sa mère enceinte. Lucas (Roschdy Zem) est quant à lui solitaire, tendu et impliqué dans son travail comme si rien d’autre n’existait. Maya a choisi comme par inadvertance le même métier que son père et c’est finalement là qu’est la problématique. Travailler dans la police ne facilite pas la communication entre eux d’autant plus qu’ils sont impliqués dans la même affaire de trafic d’armements.

Cette « affaire » de trafic d’armement mêlé à celui de la drogue est très bien traitée. On est pris dans l’enquête mais le rythme est tout de même cassé par les allées et venues de Lucas entre le travail et ses réminiscences personnelles. Finalement l’intrigue policière ne sert que de toile de fond aux retrouvailles. Le fait que Maya se mette en danger, consciemment ou pas, et mène l’enquête en solo est sa façon de voir plus clair dans sa vie et dans son travail mais aussi d’attirer l’attention de son père tout en prouvant à son boss qu’elle est aussi capable et compétente que ses collègues masculins. On lit donc aussi dans le film la place ambiguë et difficile des femmes dans la police.

Roschdy Zem, qui travaille pour la cinquième fois avec Pierre Jolivet, ne fait que confirmer son talent et son charisme qui perce l’écran. Leïla Bekhti, dénuée de tout atout féminin, est brute dans un rôle de jeune flic brisée aux traits marqués et creusés, qu’elle interprète avec brio. On notera aussi la présence de Marc Lavoine en chef du département des Stupéfiants, manipulateur, un ripoux aux accès de colère sanguin, un personnage dans lequel on ne le connaissait pas et qu’il interprète avec beaucoup de bagou.

Le film est très intéressant, le traitement des relations familiales dans l’univers policier est fait avec justesse et émotion, mais c’est ce qui peut aussi desservir le propos qui mêle finalement trop de choses complexes sur un même niveau. L’intrigue policière, bien qu’elle serve l’intrigue familiale, est aussi très importante. Il faut tout de même voir ce film de Jolivet captivant, qui nous laisse sur notre faim.

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