Cinema

Les invités de mon père d’Anne Le Ny

02 avril 2010 | PAR Yaël Hirsch

La réalisatrice de « Ceux qui restent » (2007) réunit Michel Aumont, Karin Viard, Fabrice Lucchini et Valérie Benguigui dans une comédie savoureuse aux dialogues irrésistibles. Quand l’amour frappe tard, il peut faire beaucoup de dégâts au sein d’une famille.

Ancien résistant et médecin de gauche aux principes inflexibles, Lucien (Michel Aumont) est encore très engagé pour aider les autres à l’âge de quatre-vingt ans. Ses activités politiques pour aider les sans-papiers le poussent à accepter d’héberger chez lui deux d’entre-eux. Ou plutôt d’entre-elles : puisqu’il s’agit d’une sublime moldave, Tatiana, (Véronica Novak) et de sa fille. Si cette décision a au début l’aval de sa fille, Babette (Karin Viard),  elle aussi médecin et au plus près des convictions de son père, son fils, Arnaud, avocat d’affaire et sa belle-fille (Valérie Benguigui ) embourgeoisés ont peur que le dérangement soit brutal pour un monsieur plus si jeune… Mais lorsque Lucien annonce à sa petite famille qu’il a épousé la bombe de Kichinev pour l’aider à avoir des papiers et lorsqu’ils comprennent que le mariage n’est pas si blanc que ça, l’inquiétude se transforme en crise existentielle pour Babette et Arnaud.

Anne Le Ny choisit encore une fois un sujet fort. Le film commence sur une situation absolument désopilante, bien sûr, mais au-delà du comique, il pose la question de l’autorité paternelle quand le Dieu s’effrite en toute fin de course, et renonce à tous ses principes par amour. Les amateurs de plans époustouflants s’abstiendront, car la caméra de Le Ny reste coincée dans des intérieurs parisiens étouffants et arrive même à rendre laids la cour de l’hôpital de la Salpétrière ou la plage bretonne. Ce sont les dialogues de la réalisatrice qui donnent son rythme aux « invités de mon père ». Encore des mots, toujours des mots, mais extrêmement justes, drôles, et parfaitement dérangeants. Des mots portés par des comédiens fantastiques : Michel Aumont, égal à lui-même, Karin Viard, bouleversante en petite fille modèle qui perd son modèle et Fabrice Lucchini enfin dans la peau d’un types ni looser, ni hystérique, puisqu’il s’agit d’un père de famille plein de bon sens. Et en mangeuse de vieil homme, Véronica Novak est tout simplement irrésistible.
Une jolie comédie qui remet les valeurs de la famille et de l’altruisme à l’honneur, sans les séparer de leurs complications éthiques et caractérielles.

« Les invités de mon père », d’Anne Le Ny, avec Michel Aumont, Karin Viard, Fabrice Lucchini, Valérie Benguigui, et Véronica Novak, France, 1h40. Sortie le 31 mars 2010.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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