Cinema

Le petit Tailleur de Louis Garrel en avant première à Paris cinéma

08 juillet 2010 | PAR Coline Crance

Le petit tailleur est un moyen métrage de Louis Garrel. Il a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs et Mardi 6 juillet en avant première à Paris cinéma en présence de la chaleureuse équipe du film. Tourné en noir et blanc, Louis Garrel nous conte dans ce film une jolie histoire de dilemmes amoureux … le film sort en salle le 6 octobre 2010. Avec : Léa Seydoux, Albert Grand, Arthur Igual

Louis Garrel dans un joli noir et blanc lumineux, nous entraîne dans un conte nocturne prometteur. Un jeune homme Arthur, est apprenti tailleur chez un vieux monsieur, Albert, qui le considère comme son fils. Mais Arthur tombe fou amoureux d’une fille, une comédienne  qui aime son metteur en scène , ou bien qui n’aime peut-être finalement qu’elle – même… Pour Arthur, le choix est grand, tout quitter pour cet amour impossible ou bien rester et accepter l’amour patriarcale d’Albert … Quel amour domine l’autre ? La stabilité ? La torpeur de ces promenades nocturnes, de ces nuits d’amours avec cette mystérieuse fille ?

En plein cœur de thématiques très « nouvelle vague », Louis Garrel livre un film assez fin et plein de fraîcheur. La force et le talent de ses acteurs contribuent aussi beaucoup à la qualité du film et à l’originalité du scénario. Albert Grand qui incarne le vieux tailleur, offre au film un grand rôle de composition, l’empêchant de sombrer dans un ton un peu trop complaisant et rassurant d’un marivaudage à la Antoine Doinel. L’amour sous la caméra de Louis Garrel, ne peut s’empêcher de prendre des postures, de jouer sur des poncifs, mais elles sont contrebalancées par cette opposition entre ces deux mondes, entre ses deux incompatibles formes d’amour. L’une alliée au plaisir charnel, éphémère et peut-être fantasmé, appartient à la nuit et à l’univers du théâtre quand le rideau tombe. L’autre moins avide mais tout autant passionnée, est celle de l’amour pérenne, où la passion et le talent s’acquièrent et se transmettent par le travail. Les rapports dans l’atelier se font de face, Arthur et Albert s’observent, s’aident et se parlent à cœur ouvert. Arthur et Julie, eux, ne se parlent pas. Il ne la voit qu’à travers un miroir, ou bien juste une partie de son corps. Lui-même s’avoue vaincu, après pourtant l’avoir mesuré de bout en bout, il ne peut la (a)voir entièrement. Elle appartient au domaine de l’ineffable ou de l’insondable …

Insondable , oui, et c’est l’écueil de ce film. Cette jeune comédienne ne vit pas, elle pose. Certes il y a un héritage cinématographique voulu et affirmé à travers son jeu , mais pourquoi néanmoins se complaire dans ce genre de rôle tenant d’ailleurs plus de la posture que du jeu, au risque de privilégier un univers pour un autre. Le spectateur se lasse de ces minauderies qui empêchent plus qu’elles n’aident l’émotion à advenir. Dans ce chaud noir et blanc, la nuit et l’amour alors se figent.

Toutefois des qualités artistiques indéniables sont à relever : la direction d’acteurs, le cadrage, qui font de cette œuvre une promesse pour l’avenir de la carrière de cinéaste de Louis Garrel.

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Coline Crance

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