Cinema
« Le Loup de Wall Street » dans l’espace

« Le Loup de Wall Street » dans l’espace

24 janvier 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

Le Loup de Wall Street détient cinq nominations aux Oscars, Le Loup de Wall Street est un grand succès, Le Loup de Wall Street est un rôle important pour Leonardo DiCaprio, Le Loup de Wall Street a dans la réalité beaucoup fraudé…mais surtout, Le Loup de Wall Street sonne le glas des bobines de film. Le studio Paramount, qui l’a produit, a annoncé qu’il mettait fin à la fabrication de copies en bobine format 35mm pour ne plus distribuer les œuvres qu’en numérique.

Le Loup de Wall Street afficheTous, à Hollywood, hésitaient à le faire. Le studio Paramount a finalement été le premier à annoncer, en ce mois de janvier, qu’il ne distribuerait plus ses films en 35mm, format destiné aux projecteurs. Désormais, seules les salles de cinéma équipées pour projeter le format numérique pourront programmer des œuvres produites par Paramount. Les autres studios ne devraient guère tarder à se prononcer à leur tour : Richard Verrier, dans le Los Angeles Times, rappelle que des structures comme 20th Century Fox ou Disney ont averti les grandes chaînes de cinémas, au cours des deux dernières années, que la distribution en 35mm s’arrêterait incessamment sous peu. Tous les studios, selon lui, devraient les imiter d’ici la fin de 2014. Et le format bobine de quasiment disparaître avec ces annonces.

« Après plus de quinze ans de travail, l’industrie du film a achevé sa migration de la bobine au numérique », avance John Fithian, président de la National Association of Theatre Owners. C’est un « nouveau siècle » qui s’ouvre pour le cinéma. Verrier rapporte même que des salles américaines s’occupent actuellement d’installer un système de diffusion par satellite. Le cinéma part à la conquête de l’espace.

En cette nouvelle ère, ce n’est pas seulement la production de films qui va changer, mais également la fréquentation du cinéma, considéré en tant que lieu de projection. Des salles indépendantes, si elles n’obtiennent pas de financements publics, vont fermer leurs portes. La technique va-t-elle tout envahir ? Avec la démocratisation de la 3D, n’ira-t-on plus voir que du relief dans des salles immenses, appartenant toutes à des chaînes ?

Référons-nous à l’auteur du Loup de Wall Street : ayant tourné la quasi-totalité de son film en numérique, Martin Scorsese en profitait cependant pour se réjouir, dans la « lettre » écrite à sa fille Francesca et publiée dans L’Espresso, journal italien, le 2 janvier dernier, que les avancées techniques mettent à disposition du plus grand nombre des « caméras abordables » pour tourner « de très belles images », et rendent loisible le fait de « monter, éditer et améliorer les couleurs à la maison ». Le cinéma indépendant, ce sera chez nous maintenant. L’industrie stimulera sans doute bien des créativités.

Allez, soyons lyriques et optimistes : disons que de la Terre à la Lune, le cinéma sera partout. Enfin, versons quand même une larme pour ces cinémas de quartier, qui ont marqué des générations de spectateurs et qui, faute de financements publics, fermeront.

Visuel: © affiche du Loup de Wall Street

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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