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Le dernier Disney revoit sa définition du conte pour enfants, ou le conte version New Age

Le dernier Disney revoit sa définition du conte pour enfants, ou le conte version New Age

03 octobre 2012 | PAR Charlotte Bonnasse

Clochette ou le secret des fées : c’est le titre pourtant rose bonbon de ce conte signé Disney – quatrième volet de la série des Clochette – pas tout à fait comme les autres. Clochette est une jeune héroïne moderne qui n’a pas froid aux yeux : avec son fard à paupières vert à paillettes, elle va sauver le monde des bouleversements climatiques, et grâce à elle, les espèces en danger seront protégées. Dépassé le temps où les beaux gentils devaient lutter contre les mauvais méchants: l’ennemi numéro 1 ici, c’est le thermomètre.

La planète est divisée en deux : le pays de l’hiver et le pays de l’été, avec interdiction formelle de traverser la frontière. Evidemment Clochette s’y aventure et manque de perdre ses ailes. Pas de panique, elle file chez son homéopathe naturophile qui lui donne des gélules à base de plantes pour se remettre d’aplomb. Mais Clochette a remarqué un phénomène étrange: ses ailes se sont mises à scintiller près de la frontière. Décidée à percer ce mystère, l’audacieuse blondinette enfile ses bottes fourrées et sa capeline, fourrée elle aussi, pour se rendre au pays de l’hiver.  Là se trouve le Conservateur, un monsieur je-sais-tout qui a l’air de sortir d’un placard où il aurait passé les cinquante dernières années de sa vie. Ce savant monsieur, qui s’appelle en réalité Darwin, la renseigne sur ce phénomène mystérieux: il se provoque lorsque deux fées nées du même rire d’enfants se trouvent à proximité. Clochette retrouve sa soeur Critalline (« Cristal' ») et la famille se reconstitue avec force embrassades et phrases du style « moi aussi, j’adore le thé à la camomille! ». Dans le pays de l’hiver, elles échangent sur leur passé, pendant que des fées de l’hiver pallient au réchauffement climatique en installant des petits rouleaux de neige sur les arbres.

C’est dans la deuxième partie que Clochette et sa soeur vont devoir affronter le changement climatique : l’équilibre des saisons a été bouleversé, et l’arbre à poussière de fées se tarit. Pour sauver la végétation du blizzard qui gèle tout sur son passage à toute vitesse, on en appelle à toutes les petites fées de l’hiver qui produisent un gel protecteur du froid (Neutrogena, c’est ça?). Ouf, la planète est sauvée, et l’histoire finit bien : la reine du pays de l’été et Lord Milori gouverneur du pays de l’hiver annoncent officiellement leur flirt, tandis que la loi de séparation est abolie et que les deux pays peuvent désormais communiquer.

Pour ce quatrième épisode tout en images de synthèse, Clochette nous emmène dans des paysages luxuriants d’étés indiens et d’immenses vallées enneigées. On remarquera l’accent mis sur les décors, comme le palais des glaces où tout est givré bleuté.  Si les codes du conte pour enfants sont maltraités, les personnages sont modernisés et plus proches de la réalité : on retrouve l’intello dans ses livres, le geek bricoleur et complètement planant, la bande de fashionistas girly qui entoure Clochette, sans parler du  lutin qui fait de la méditation transcendantale ! Il est même question à un moment d’une histoire d’amour entre deux fées. Un doux mélange de magie scintillante et de nouveauté façon séries américaines dans ce dessin-animé qui sera sur les écrans à partir du 10 octobre.

A noter que les voix de Clochette et de Cristalline sont celles des chanteuses Lorie et Amel Bent, et chantent en coeur dans un style qui rappelle fortement le tube « ma meilleure amie ».

 

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Charlotte Bonnasse

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