Cinema

Le cinéaste Alain Corneau est mort

31 août 2010 | PAR Tristan Karache-Prudent

Le réalisateur et scénariste français, Alain Corneau est  décédé dans la nuit du dimanche 29 août au lundi 30 août. Mort à la suite d’un cancer, il a marqué l’histoire du cinéma français avec des films tels que Série Noire, Fort Saganne ou encore Police Python 357. Deux semaines plus tôt, son dernier film intitulé Crime d’amour (voir notre article) est entré dans les salles obscures.

Né le 7 aout 1943 à Meung-Sur-Loire, Alain Corneau se destinait tout d’abord à une carrière musicale dans le jazz puis finalement s’est dirigé vers des études cinématographiques à l’IDHC connu de nos jours sous le nom de La Fémis. En 1960, il devient d’abord assistant de Costa-Gavras sur L’Aveu puis celui de Nadine Trintignant sur Ça n’arrive qu’aux autres . La réalisatrice devient par la suite sa compagne. Il co-écrit même un scénario avec celle-ci pour le film Défense de Savoir en 1973. La même année, son premier film France Société Anonyme avec Michel Bouquet est réalisé par ses soins, seulement c’est un échec commercial.

En 1976, il connait un réel essor en se démarquant avec Police Python 357 et s’impose dans le style policier pour gagner en notoriété. En 1979, il impose son style et atteint la consécration avec l’adaptation de l’œuvre littéraire Série Noire dans lequel Patrick Dewaere et Marie Trintignant interprètent les rôles de Franck, un homme perdu dans le triste Paris et Mona, une adolescente . Les deux protagonistes se découvrent tous deux un même objectif, fuir leur vie quitte à y laisser leur peau. La même année, Corneau obtient même l’honneur d’être sélectionné au festival de Cannes. Toujours dans le genre policier, il a aussi réalisé respectivement en 1977 et 1981, La Menace et Le choix des armes destiné à rester dans les annales comme le modèle des films noirs à la française.

En 1984, Alain Corneau réalise ensuite un film épique sur le colonialisme nommé Fort Saganne qui fut à l’époque plutôt mal accueilli par la critique malgré un casting impressionnant composé de Gérard Depardieu, Catherine Deneuve, Philippe Noiret et Sophie Marceau. Serge Daney, alors rédacteur à l’époque pour Libé, décrivait cette production de « film honnête, décemment filmé et plutôt nul, mais au sens de nul « non avenu » […] Rien à signaler. Mais « rien », disais-je, c’est difficile à filmer». Cette création fut le film le plus lourd et le plus cher de l’époque et c’est peut-être pour cette raison que le réalisateur a délaissé la simplicité au profit d’une forme trop compliquée pour l’adaptation de ce roman historique de Louis Gardel même si au final le public était au rendez-vous dans les salles de cinéma.

En 1989, le réalisateur étend sa filmographie avec interprétation au cinéma de Nocturne Indien d’Antonio Tabucchi dans lequel il s’intéresse avec profondeur au thème de la recherche d’identité et du voyage quasi-mystique qu’un individu peut entreprendre pour satisfaire ce besoin. En 1992, lors de la cérémonie des Césars, il remporte 7 prix pour le film Tous Les Matins Du Monde dont celui du meilleur film et celui du meilleur réalisateur.

Toujours aussi inspiré, il revient sur ses premiers pas dans le cinéma avec ses œuvres policière et réalise Le Cousin où Patrick Timisit et Alain Chabat racontent les relations entre un policier et son indic. Gardant Timsit comme acteur principal avec Thierry Lermite, il tourne un film nommé Le Prince du Pacifique. En 2002, l’adaptation de Stupeurs et Tremblements écrit par Amélie Nothomb vaut à l’actrice Sylvie Testud le César de la meilleure actrice. Les Mots bleus et Le Deuxième Souffle tournés en 2005 et 2007 sont passés inaperçus auprès du public.

Le chef d’État, Nicolas Sarkozy a déclaré qu’ «Après Bernard Giraudeau en juillet, le cinéma français est à nouveau frappé par une perte cruelle. Avec Alain Corneau disparaît un très grand réalisateur, vaincu lui aussi dans la force de l’âge par la maladie ». Mort à l’âge de 67 ans, le réalisateur laisse derrière lui une filmographie impressionnante et est devenu une référence pour le cinéma français.

Mort d’Alain Corneau, cinéaste aux multiples registres
Une preneuse d’otage petillante aux Déchargeurs
Tristan Karache-Prudent

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