Cinema
J’enrage de son absence : Sandrine Bonnaire cinéaste accomplie

J’enrage de son absence : Sandrine Bonnaire cinéaste accomplie

09 juillet 2012 | PAR Yaël Hirsch

Quatre ans après le documentaire que Sandrine Bonnaire a dédié à sa sœur « Elle s’appelait Sabine » ( présenté à Quinzaine des réalisateurs), l’égérie de Pialat persiste et signe derrière la caméra avec « J’enrage en son absence », une première fiction forte et exigeante, sélectionnée à la Semaine de la critique et présentée en avant-première vendredi 6 juillet au Festival Paris Cinéma, en présence de la réalisatrice et du producteur de son film, Dominique Besnehard. Porté par ses comédiens, William Hurt et Alexandra Lamy, « J’enrage en son absence » est un beau film qui sort sur nos écrans le 31 octobre prochain.

Après huit ans d’absence Jacques (William Hurt) revient des États-Unis à l’occasion de la mort de son père. Il revoit son ex-épouse, Mado (Alexandra Lamy) qu’il avait quittée après un terrible accident où ils avaient perdu leur fils. Entretemps Mado a refait sa vie, elle a un compagnon, Stéphane (Augustin Legrand) et un fils, Paul (Jalil Mehenni). En rencontrant ce dernier, Jacques a un choc. Le petit garçon devient vite pour lui une obsession. Et un lien secret unit le père en deuil et le fils qui n’a pas connu son frère.

Lors de la présentation du film à Paris Cinéma, Sandrine Bonnaire a dit s’être inspirée d’un ancien grand amoureux de sa mère qu’elle a rencontré à l’âge de 20 ans pour écrire le scenario de ce film. Dans une mise en scène sobre et volontairement classique, qu’elle semble parfaitement savoir emprunter à ses anciens pygmalions (et volontiers à Claude Sautet), Sandrine Bonnaire parvient avec une grande économie de mots à  faire passer un message fort et complexe sur le deuil et sur la paternité. Grande directrice d’acteurs, elle sait demander le maximum à une Alexandra Lamy qu’on a plaisir à découvrir profonde dans le genre tragique et à un William Hurt qui semble épouser en roue libre de ses yeux pairs la tragique figure du père. Sandrine Bonnaire explique que « J’enrage de son absence » est le film-tournant qui a fini de la convaincre combien réaliser est devenu central pour elle. L’œuvre laisse suggérer qu’une grande cinéaste est en devenir.

J’enrage de son absence, de Sandrine Bonnaire, avec William Hurt, Alexandra Lamy, Augustin Legrand, Jalil Mehenni, France, Luxembourg, Belgique, 2012, 1h38mn. Sortie le 31 octobre 2012.

photo : Sandrine Bonnaire, Dominique Bensnehard et Augustin Legrand pérsentant le film au MK2 Bibliothèque (06/07/2012).

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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