Cinema
JAPPELOUP : Quand un petit cheval nous offre un grand moment de cinéma

JAPPELOUP : Quand un petit cheval nous offre un grand moment de cinéma

13 mars 2013 | PAR Juliette Hebbinckuys

Il est toujours difficile de faire un film sur l’équitation : il serait dommage de décevoir les passionnés de chevaux, qui ont à cœur la crédibilité du propos, et en même temps il faut réussir à captiver le spectateur lambda qui n’est pas contre le fait d’assister à 2h de tribulations équestres, encore faut il que le jeu en vaille la chandelle. Avec Jappeloup, Christian Duguay réussit le pari de faire un grand film, haut en couleur et plein de sensibilité…

 

Après avoir abandonné l’équitation pour se consacrer à une brillante carrière d’avocat, Pierre Durand réalise vite qu’il ne peut pas vivre sans sa passion. Epaulé par son père, qui croit en son talent, il renonce à la sécurité d’un emploi stable pour se lancer dans la compétition de saut d’obstacles. C’est à ce moment qu’il fait la rencontre de Jappeloup, petit cheval noir, caractériel et imprévisible, trop jeune et trop fou pour qu’on décide de miser sur lui. Et pourtant… La suite, on la connaît : Pierre et Jappeloup vont devenir inséparables, et graviront peu à peu les échelons d’une telle compétition pour devenir champions olympiques à Séoul en 1988. Ce film raconte le destin hors norme d’un cavalier et de son cheval, et montre avec justesse les liens qui se tissent entre un homme et sa monture pour les amener au sommet de leur art.

Même si l’histoire est prévisible, puisqu’on en connaît déjà la fin, Christian Duguay nous livre une œuvre magique, rythmée et qui nous prend aux tripes malgré tout. Le film est porté par ses acteurs, tous très doués et très convaincants dans leur rôle. Guillaume Canet n’a jamais été aussi bon ! Sa passion pour l’équitation transpire à chaque minute du film, et il incarne un Pierre Durand tellement crédible qu’on se demande si sa propre histoire n’y est pas pour beaucoup. On découvre un homme torturé, égoïste, passionné, prétentieux, entier dans ses défauts comme dans ses qualités. Et c’est ce qui nous le rend humain. Daniel Auteuil, qui incarne le père, livre également une belle prestation. Même si ses répliques peuvent paraître parfois sur-articulées et son texte un peu récité, il amène une très belle émotion et en fait un personnage très attachant.  Marina Hands, qui joue le rôle de Nadia, est elle aussi remarquable. A la fois femme-enfant et femme fatale, elle sait être joueuse, drôle, sexy et autoritaire. Lou de Laâge est quand à elle une révélation : magnifique de justesse et de beauté, cette jeune fille devrait devenir incontournable dans le paysage du cinéma français.

Même si l’émotion est au cœur de l’histoire, le film n’en est pas moins passionnant. Grâce à la musique, aux sons des guitares électriques et aux tubes des années 70 et 80, le résultat est cadencé et les scènes de concours deviendraient presque de grandes fresques épiques.  Certains diront peut être que le réalisateur canadien a trop voulu en faire un show à l’américaine, mais c’est justement ce qui nous donne cette impression de magie et d’émerveillement face à cette compétition. Les deux heures dix de Jappeloup filent à une vitesse folle, et on en redemanderait presque ! Une chose est sûre : Christian Duguay signe ici un grand film, et on le remercie de redonner ses lettres de noblesse à un cinéma français un peu pantouflard… Difficile de ne pas vouloir se (re)mettre en selle après d’aussi belles images hippiques.


visuel: (c) Emmanuelle Jacobson-Roques/ (c) Jérôme Prébois

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Juliette Hebbinckuys

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