A l'affiche
« Boite noire » : le génial thriller de Yann Gozlan encensé par le public d’Angoulême

« Boite noire » : le génial thriller de Yann Gozlan encensé par le public d’Angoulême

03 septembre 2021 | PAR Alice Martinot-Lagarde

Récompensé par le prix du public au Festival du film francophone d’Angoulême, Boite noire est un thriller à la fois technique et fascinant mené avec talent par Pierre Niney. Au fil d’une enquête haletante, le film de Yann Gozlan nous plonge dans le monde de l’aéronautique et ses enjeux pour en faire un vrai sujet de cinéma. 

Le film démarre par une scène de crash, un vol Dubaï-Paris s’écrase dans les Alpes faisant plus de 300 victimes. Immersion instantanée garantie. La scène d’ouverture, un plan séquence traçant toute la longueur de l’avion, est captivante, créant d’entrée une tension qui annonce la gravité des faits et pose les jalons de la suite. On suit alors Mathieu Vasseur, acousticien au BEA, le bureau chargé d’enquêter sur ce type d’accidents, dont le métier est d’analyser les enregistrements audio des appareils afin de comprendre les motifs des crashes. Mais sur ce dossier, Mathieu décèle des éléments inhabituels pouvant remettre en cause ses premières conclusions et exposant par-dessus tout des logiques allant bien au-delà de son enquête. 

Pierre Niney est magistral dans cette incarnation d’une homme au bord de la paranoïa, trahi par ses facultés et son intuition qui le font soudainement douter de tout. Mathieu est perfectionniste et d’une nature plutôt introvertie, un tempérament propice à être rongé par les incertitudes et la pression d’une affaire impliquant des centaines de morts, un compagnie aérienne de rang international et des enjeux politico-financiers tentaculaires. Ce poids de la hiérarchie est parfaitement représenté par André Dussolier, patron du BEA, figure autoritaire mais aussi rassurante qui va servir de repère à Mathieu au cœur du trouble ambiant. Contrairement à sa femme Noémie, travaillant dans le même milieu, qui va, elle, cristalliser une grande partie de sa méfiance. Lou de Lâage change de son registre habituel avec ce rôle froid, assuré et professionnel mais réussit parfaitement l’exercice. 

L’intégralité du récit, incroyablement documenté et d’une écriture minutieuse, est absolument fascinant. Pour le film, Yann Gozlan s’est totalement immergé auprès d’agents du BEA pour appréhender leur travail dans les moindres détails et pouvoir les retranscrire à l’écran avec le plus de précision possible, mais surtout de manière à rendre cet univers complexe et inconnu du grand public tout à fait compréhensible. L’étude des boites noires, les structures impliquées lors d’un crash, la responsabilité auprès des familles de victimes… Toutes les dimensions font partie intégrante de l’histoire, créant bien plus qu’une toile de fond. Enfin, perçant et assourdissant, le son permet au spectateur d’être absorbé dans l’esprit de Mathieu et de maintenir une tension jusqu’au grand final qui vient parfaire le film avec brio. 

 

Boite noire de Yann Gozlan, avec Pierre Niney, Lou de Lâage, André Dussolier, Sébastien Pouderoux. 2h09. Le 8 septembre au cinéma. 

Festival du film francophone d’Angoulême du 24 au 29 août 2021. Plus d’informations ici.

Visuel © image du film

21 virages – une nuit sans sommeil avec Fred Poulet
bacH 6 SoLo : Lucinda Childs/Robert Wilson-Jennifer Koh
Alice Martinot-Lagarde

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture