Cinema
Critique, Jane Eyre (2011): Michael Fassbender sauve à peine de l’ennui un remake manquant de passion

Critique, Jane Eyre (2011): Michael Fassbender sauve à peine de l’ennui un remake manquant de passion

22 juillet 2012 | PAR Gilles Herail

La critique: Nouvelle adaptation du classique de Charlotte Bronté Jane Eyre n’apporte pas grand chose et a pour seul mérite de confirmer la découverte d’un très grand acteur, Michael Fassbender. A réserver aux amateurs inconditionnels des films d’époques et de l’atmosphère victorienne. Synopsis officiel: Jane Eyre est engagée comme gouvernante de la petite Adèle chez le riche Edward Rochester. Cet homme ombrageux ne tarde pas à être sensible aux charmes de la jeune fille. C’est le début d’une folle passion..

Jane Eyre fait partie de ces films britanniques qui traversent la Manche, représentant une certaine image du Royaume-Uni. Après Orgueils et préjugés, Jane Eyre reprend à son compte un autre classique de la littérature anglaise et la fascination de l’époque des grands manoirs, sa bourgeoisie et sa morale toute victorienne, et ses costumes qui permettront de rafler quelques BAFTA (Césars locaux). Le film ne sort jamais de cette ambition poussiéreuse, s’appliquant avec soin à reconstituer au mieux et à installer un univers reclus et grisâtre d’où ne surgit malheureusement que trop peu l’émotion et la passion.

Car Jane Eyre est avant tout cette histoire passionnelle d’un amour impossible entre deux personnes séparées par les conventions et des parcours personnels difficiles. Si l’actrice principale ne trouve jamais le ton juste, entre indépendance d’esprit, vivacité et effacement, la performance de Michael Fassbender vaut à elle seule le déplacement. Plein d’ambiguités, son personnage recèle une violence contenue qui tient à bout de bras la tension dramatique du film. Les autres acteurs qui naviguent autour sont inégaux, de Judi Dench, excellente comme toujours, à la petite fille française qui a manifestement été dirigée par une non francophone et dont toutes les répliques semblent hors contexte.

Jane Eyre n’est bien sur pas un mauvais film mais le manque de personnalité de cette nouvelle version n’invite pas à l’indulgence. L’atmosphère brumeuse un rien superficielle amène le spectateur dans une douce torpeur qui ne le quittera pas jusqu’à la fin du film. A réserver aux amateurs des grands drames en costume (s’il en reste).

Gilles Hérail

Jane Eyre, un drame anglais de Cary Fukunaga avec Mia Wasikowska, Michael Fassbender, sortie le 14 mars 2012

Infos pratiques

Die Kontrakte des Kaufmann, eine Wirtschaftskomödie : Jelinek et Stemann font péter la crise
A l’aveugle : le face à face de Lambert Wilson et Jacques Gamblin disponible en dvd
Gilles Herail

One thought on “Critique, Jane Eyre (2011): Michael Fassbender sauve à peine de l’ennui un remake manquant de passion”

Commentaire(s)

    Publier un commentaire

    Votre adresse email ne sera pas publiée.

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *